Apithérapie et ses bienfaits : mythe ou réalité ?

Avez-vous déjà entendu parler de l’apithérapie ? Que se cache-t-il derrière cette thérapie supposée soulager les douleurs rhumatismales ? Tout à la fois ancestrale et relativement méconnue en France, cette méthode thérapeutique repose principalement sur l’utilisation des substances sécrétées par les abeilles, à savoir la gelée royale, la cire et le venin auxquels nous pouvons ajouter les produits transformés par l’insecte comme le miel, le pollen ou la propolis.
Un peu d’éthymologie : le terme apithérapie vient de apis (abeille en latin) et thérapie qui désigne un ensemble de procédés concernant un traitement déterminé, donc la thérapie par les abeilles.
Nous allons nous intéresser plus particulièrement au venin de l’abeille réputé soulager un certain nombre de maux au rang desquels les maux de tête, les éruptions cutanées mais aussi et surtout les douleurs articulaires.
Alors info ou intox ? Mythe ou réalité ? arthrose.fr a tenté d’y voir plus clair pour savoir si ces petits insectes, producteurs d’un divin nectar dénommé miel, pourraient également venir au secours de nos articulations grinçantes…

Une thérapie basée sur le venin d’abeille

Outre les différentes applications de l’apithérapie dans le domaine de la prévention et du bien-être, il en existe une plus méconnue qui consiste à traiter certaines pathologies en administrant du venin prodigué par des piqûres d’abeilles vivantes ou, plus classiquement, par des injections sur des parties spécifiques du corps.
Le venin d’abeille ou apitoxine est un liquide incolore et amer composé d’un mélange actif de protéines dont certains composants, comme l’adolapine et la mélittine, auraient un effet anti-inflammatoire.
La mélittine, principal composant comptant pour 52% des peptides du venin, stimule la production de cortisol, une hormone stéroïdienne agissant tel un anti-inflammatoire, de même que l’adolapine qui possède de surcroît un effet analgésique.
Connue et pratiquée dans certains pays comme la Chine depuis la nuit des temps (certains textes chinois datant de 2 000 ans en font état au regard du traitement de l’arthrite notamment), l’apithérapie est une technique qui consiste à disposer des abeilles vivantes sur la zone à soulager afin de contraindre les insectes à vous piquer à l’aide de leur dard. Une fois le venin injecté il suffira de masser la zone douloureuse à traiter.
Précisons toutefois que si la méthode traditionnelle implique la piqûre d’abeilles vivantes, différentes méthodes permettent aujourd’hui d’extraire le venin à des fins de fabrication de crèmes, de pastilles, de gouttes ou d’injections…
Si en Chine, l’acupuncture est utilisée conjointement au venin d’abeille pour traiter des pathologies comme les troubles arthritiques ou l’épilepsie, des pays tels que les Etats-Unis ou la Corée du Sud ont vu naître des cliniques d’apithérapie.

Les bienfaits supposés de l’apithérapie

Différentes pathologies peuvent avoir recours à l’apithérapie :

  • l’arthrite et les douleurs articulaires,
  • l’inflammation chronique,
  • la sclérose en plaques,
  • les tendinites,
  • l’épilepsie.

Les fervents défenseurs de l’apithérapie argumentent sur le fait que le venin d’abeille produisant une inflammation, le corps génère de ce fait une réponse anti-inflammatoire.

Absence de preuves scientifiques et contre-indications

Bien qu’étant utilisé pour ses propriétés médicinales depuis des temps immémoriaux, le venin d’abeille n’a pas fait la preuve de son efficacité sur le plan scientifique. Les données prouvées des bienfaits de l’apithérapie sont relativement anecdotiques en l’absence de véritables études probantes. Si certaines études ont été pratiquées sur des animaux, notamment en Corée ou une vingtaine d’études ont pu être recensées concernant essentiellement le pouvoir anti-inflammatoire et analgésique du venin d’abeille, peu d’études sérieuses ont été menées sur l’humain.
Certains chercheurs estiment que cette technique aurait la faculté de soulager les douleurs musculosquelettiques. En effet, lors d’une étude où du venin a été injecté à des points précis d’acupuncture, en comparaison à des injections placebo, l’évaluation de la douleur ressentie s’est avérée plus basse chez les personnes ayant reçu des piqûres de venin. Faut-il pour autant en tirer des conclusions positives ? Pas si sûr si l’on en juge par les incertitudes conséquentes qui demeurent, notamment liées au nombre d’injections à pratiquer ainsi qu’au taux de concentration du venin.

Risques d’allergie et contre-indications

Conséquence du peu d’études réalisées au regard de son efficacité et de son innocuité, l’apithérapie, technique douloureuse et délicate à administrer, ne peut en aucun cas remplacer un traitement médical éprouvé et doit être étroitement surveillée par un professionnel de santé si elle est pratiquée, notamment en raison des risques d’allergie pouvant survenir même plusieurs semaines après l’injection. On estime qu’environ 2% des personnes présente un type de réaction allergique au venin d’abeille, cette probabilité pouvant augmenter en fonction du nombre de piqûres reçues.
Outre le risque d’allergie, de nombreux effets indésirables peuvent se manifester, les plus fréquents étant les démangeaisons, l’urticaire, la fatigue ou encore l’anxiété et les céphalées.

Quel thérapeute consulter ?

Largement répandue en Asie (Chine, Corée du Sud et Japon) et de plus en plus aux Etats-Unis ainsi qu’au Canada, cette pratique demeure relativement peu en pointe en France.
A ce jour, il n’existe aucun diplôme officiel d’apithérapeute, ceci même si des associations et des thérapeutes animent régulièrement des ateliers de formation :
American Apitherapy Society
Association francophone d’apithérapie
Parmi les praticiens proposant cette technique, on retrouve des acupuncteurs, des homéopathes ou encore des naturopathes.

Comment se déroule une séance d’apithérapie ?

Comme nous l’avons vu précédemment, le venin peut être injecté directement sur la zone à traiter ou sur des points d’acupuncture, soit par des piqures d’abeilles vivantes, qui mourront dans les heures qui suivent la piqure, soit par des injections de venin.
Les séances nécessaires au traitement ainsi que le nombre de piqûres par séance dépendront essentiellement de l’importance de la pathologie traitée (on ne traite pas une tendinite de la même façon qu’une sclérose en plaques…).
Du fait de la non reconnaissance officielle de l’apithérapie,il n’existe pas de normes en matière de nombre de séances à suivre ou d’injections à réaliser, vous devrez faire confiance à l’expérience de votre praticien.

Sources :
American Apitherapy Society
Association francophone d’apithérapie
PLOS One

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