Arthrite ou arthrose, comment les différencier ?

Si vos jours ou vos nuits s’écoulent au rythme de douleurs articulaires, parfois aiguës, invalidantes, associées à une raideur et une limitation de la mobilité, vous souffrez probablement d’arthrite ou d’arthrose, mais savez-vous comment les différencier ?
Ces deux affections souvent confondues, appartiennent toutes deux à la même famille de pathologie, les rhumatismes. Elles sont pour autant bien distinctes, que ce soit sur le plan des causes, des symptômes ou encore de leurs traitements.

L’arthrite est une inflammation de la membrane enveloppant l’articulation qui engendre la sécrétion de substances nommées quinines, détruisant progressivement la structure de l’articulation. Les causes peuvent-être infectieuses, génétiques ou métaboliques.
Cette pathologie regroupe des maladies telles que la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante ou encore la goutte.

L’arthrose est quant à elle une affection dite mécanique, et non pas inflammatoire, qui altère graduellement le cartilage des articulations.
L’apparition et la progression de la maladie sont liées à un amincissement progressif du cartilage qui ne remplit plus son rôle ainsi qu’à un appauvrissement du liquide synovial qui ne lubrifie plus l’articulation. En conséquence, les os constituant l’articulation, qui ne sont plus protégés, frottent les uns contre les autres, provoquant des douleurs vives et parfois très invalidantes.

Des symptômes distincts

Dans le cas d’arthrite aigüe, la douleur est de type inflammatoire, la déformation de l’articulation est chaude, rouge et douloureuse. Essentiellement nocturne, la douleur n’est pas calmée par le repos. Les articulations nécessitent d’être « dérouillées » au levé de façon à ce qu’elles s’échauffent et que la rigidité s’atténue.
Les articulations les plus touchées par l’arthrite sont les pieds et les mains.

Concernant l’arthrose, les douleurs sont plutôt diurnes, liées à l’effort et se calment lors des phases de repos. La déformation de l’articulation est dite froide et n’est pas accompagnée de signes inflammatoires.

Notons que l’épanchement, ou gonflement de l’articulation provoqué par un liquide, peut être un symptôme commun aux deux pathologies.
Cet épanchement résulte d’une réaction à l’inflammation ou à l’arthrose.

D’un point de vue biologique, la vitesse de sédimentation globulaire se trouve accélérée pour l’arthrite alors qu’elle est tout à fait normale pour ce qui concerne l’arthrose.

Diagnostics et traitements

Pour ce qui est de l’arthrite, le traitement vise la cause de la douleur, le traitement sera donc adapté en fonction de celle-ci.
Lorsqu’elle est d’origine bactérienne, un traitement antibiotique sera proposé, alors que votre médecin optera pour les biothérapies dans le cas d’une origine génétique ou auto-immune comme pour la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite…
Enfin pour l’arthrite dont l’origine est métabolique, comme la goutte, le traitement consistera à réduire le taux d’acide urique, par la prise de médicaments et des préconisations alimentaires adaptées.
Plus globalement les douleurs générées par l’arthrite sont fréquemment prises en charge par des anti-inflammatoires.

Le traitement de l’arthrose vise à réduire le facteur de risque, qu’il s’agisse d’un régime diététique dans le cas d’un fort surpoids ou d’une chirurgie préventive dans le cas d’une anomalie anatomique. Néanmoins, en parallèle aux mesures non médicamenteuses, la prise en charge de l’arthrose nécessite un traitement basé sur des antalgiques, des anti-inflammatoires durant les crises et des anti-arthrosiques symptomatiques d’action lente (glucosamine, chondroïtine sulfate) même si les résultats de plusieurs études sont controversés à leur sujet.

Le plus souvent proposés pour retarder la pause d’une prothèse et soulager le patient, les infiltrations d’acide hyaluronique ont une action efficace pour palier la dégradation du liquide synovial, notamment lorsque le malade est à un stade arthrosique peu évolué.

Plus récemment, de nouvelles pistes de traitement sont initiées dans le domaine des cellules souches issues de cellules graisseuses provenant du patient lui-même qui lui sont réinjectées ou encore positionnées sur un bio matériau dont l’objectif est de créer un tissu cartilagineux. D’autres travaux de recherche sont également effectués actuellement comme par exemple sur les anti-NGF ou les traitements chondroprotecteurs visant à renforcer la structure cartilagineuse afin de le protéger contre une usure prématurée.

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