Arthrose cervicale : symptômes et traitements de la cervicarthrose

La cervicarthrose est l’une des formes d’arthrose la plus courante chez les personnes âgées de plus 40 ans, fréquence qui croît proportionnellement avec l‘augmentation de l’âge du patient. En effet, si plus d’un sujet sur deux souffre d’arthrose cervicale à partir de 40 ans, ce pourcentage grimpe à 90% pour les individus de plus de 80 ans.
Localisée au niveau du rachis cervical , cette pathologie arthrosique, fréquente de part la sollicitation importante du cou au quotidien et du poids de notre tête, est asymptomatique dans plus de 50% des cas.
Cette forme d’arthrose du cou touche les cartilages des articulations de la nuque et de la partie arrière de la tête au niveau des vertèbres cervicales. Ce sont les disques intervertébraux séparant chaque vertèbre qui s’amincissent avant de se fissurer, provoquant à terme un tassement des disques. Les trois principaux disques concernés sont situés entre la 4ème et la 7ème vertèbre, dénommés C4 à C7, ils représentent le segment mobile de la colonne cervicale.
Si nombre d’entre nous seront atteint d’arthrose du cou au cours de leur vie, pouvons-nous définir les causes réelles de cette maladie ?

Le vieillissement seul responsable de la cervicarthrose ?

S’il est indéniable que le cartilage s’use progressivement avec l’âge, les causes de l’apparition de l’arthrose cervicale ne sont pas bien connues.
Outre une trop grande sollicitation du cou qui pourrait-être associée à une dégradation importante du cartilage, la cervicarthrose pourrait également être imputée à un déséquilibre entre la dégénérescence et la régénérescence du cartilage, en langage courant, ce dernier ne se régénère pas aussi rapidement qu’il s’altère.
Bien que les causes de ce déséquilibre soient encore floues, plusieurs facteurs de risque ont cependant pu être identifiés comme les malformations congénitales, les séquelles de traumatismes directs, les microtraumatismes, l’hérédité…

Les symptômes permettant d’identifier une arthrose cervicale

Distinguons tout d’abord les personnes asymptomatiques de celles présentant des facteurs caractéristiques. Notons que dans environ 1 cas sur 2, l’individu atteint ne ressentira aucune gêne physique et ce, même si la présence d’arthrose est confirmée par un examen radiologique. Chez la seconde moitié des personnes atteintes, les douleurs ressenties seront plus ou moins intenses au niveau du cou et de la nuque avec une prédominance d’un côté et pouvant irradier vers les omoplates, les épaules et remonter vers la tête. Les douleurs étant « mécaniques », le simple fait de tourner la tête, donc d’effectuer une rotation, provoquera et amplifiera ces dernières.
Différents symptômes peuvent se manifester tout en se combinant, on évoque alors la rigidité de la nuque, les torticolis, les maux de tête, une sensation de fatigue ou encore des vertiges.

Quelles peuvent-être les complications d’une cervicarthrose ?

La névralgie cervico-brachiale
La complication la plus fréquente de l’arthrose cervicale est la névralgie cervico-brachiale qui n’est autre que la compression du nerf du cou se prolongeant dans le bras.
Progressive et lancinante, elle ne disparaît pas lors des phases de repos et à tendance à s’accroître durant la nuit.
Afin de poser le diagnostic de cette névralgie cervico-brachiale, il est demandé la réalisation d’un examen radiologique standard de trois quart, droit et gauche, de façon à pouvoir analyser les foramens intervertébraux. En cas de doute, une IRM du rachis cervical peut être prescrite afin d’éliminer d’autres diagnostics tels que des tumeurs bénignes ou malignes extra ou intra rachidiennes, des infections, des métastases osseuses…
Cette complication de la cervicarthrose, également appelée sciatique du cou, peut provoquer des maux de tête, des vertiges, des fourmillements dans le bras…
Les traitements appliqués à cette pathologie dépendent essentiellement de l’intensité de la douleur. En première intention, ce sont souvent les antalgiques et les anti-inflammatoires non stéroïdiens qui sont prescrits, mais on recourt parfois aux infiltrations de corticoïdes. Le port d’un collier cervical peut aussi être conseillé. La chirurgie est quant à elle indiquée dans les cas de déficit moteur et consiste en une ablation d’une éventuelle hernie discale. Les manipulations du rachis n’étant pas conseillées vu la proximité de la moelle épinière et les risques d’accidents graves, le recours à la chirurgie est de fait relativement rare.

La myélopathie cervicarthrosique
Due à une compression ostéophytique lente sur la partie basse de la moelle épinière cervicale, cette pathologie implique des facteurs mécaniques et vasculaires tels qu’un engorgement des veines, une compression de l’artère spinale et des artères radiculaires.
La myélopathie peut donc être définie comme un dysfonctionnement de la moelle épinière.
Sur le plan clinique, la myélopathie cervicarthrosique se manifeste par une perturbation de la marche, une fatigue accrue et des troubles de la sensibilité profonde des membres inférieurs avec une aggravation progressive.
La compression des racines nerveuses peut-être à l’origine de douleur radiculaires; plus en aval peuvent apparaître une hyporéflexie et une atrophie musculaire.
Le diagnostic s’appui sur le myélo scanner permettant de préciser la dimension et l’étendue de la sténose ainsi que sur l’IRM qui peut mettre en évidence la dégénérescence discale. Le traitement est quant à lui chirurgical et consiste en une suppression de la compression neurologique.

Quels sont les traitements pour la cervicarthrose ?

Disons le sans détour, dans l’état actuel des connaissances médicales, nous ne savons pas guérir l’arthrose cervicale, le traitement ne peut donc qu’être purement symptomatique en soulageant la douleur. Deux axes sont poursuivis par les traitements médicamenteux, à savoir l’amélioration de la qualité de vie en soulageant les douleurs et en prévenant autant que faire ce peu, les récidives, mais également en retardant l’évolution de la maladie.
Les crises douloureuses qui peuvent perdurer plusieurs semaines, sont traitées classiquement par la proposition d’antalgiques, d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et de myorelaxants afin de dénouer les contractures du cou. Lors d’épisodes aux douleurs intenses, votre praticien peut avoir recours à des corticoïdes ou des opiacés (dérivés de l’opium). Outre ces mesures médicamenteuses, le port d’une minerve immobilisant les vertèbres cervicales peut être proposé durant quelques semaines ainsi que des séances de kinésithérapie à même de soulager les douleurs tout en prévenant les récidives.
Tractions, massages, exercices d’étirement et apprentissage des gestes adaptés en fonction de votre métier ou de vos activités pour éviter les douleurs, feront de ces séances auprès de votre kiné un élément essentiel de votre traitement.
Le recours à la chirurgie aura lieu en dernier recours en présence de cas sérieux ou de complications graves telles que des atteintes neurologiques ou artérielles, notamment lorsque les nerfs, la moelle épinière ou les artères sont comprimés.

Quelle attitude adopter pour prévenir l’arthrose cervicale ?

Outre les causes passées en revue en début d’article, comme le vieillissement, dont la prévention n’est hélas pas possible, on peut dire d’une façon globale, qu’il faut faire en sorte de limiter autant que possible les atteintes exercées sur le cartilage. A ce titre, nous pourrions citer la limitation du port de charges lourdes, l’adoption d’une position adaptée au bureau devant un ordinateur ou dans son canapé pour regarder la télévision, l’essentiel étant de ne pas trop solliciter le cartilage articulaire afin d’éviter de le léser.

Pour les personnes désireuses de se tourner vers les traitements naturels, certains éléments sont auréolés de vertus considérables, qu’il s’agisse de maîtriser la douleur ou de freiner la propagation de l’affection. La curcumine (pigment et principe actif principal du curcuma), la glucosamine, le thé vert ou encore l’harpagophytum étant, semble-t-il, les représentants naturels les plus efficaces pour soulager vos douleurs.

N’en demeure pas moins que l’ensemble de ces traitements médicamenteux ou naturels, le recours à un kinésithérapeute ou encore un ostéopathe, ne permettent que le traitement symptomatique de la douleur avec plus ou moins de réussite selon les cas, sans même évoquer les effets secondaires possibles sur le long terme.
L’avènement, dans un futur que l’on espère proche, des biothérapies et autres cellules souches, va t-il révolutionner la prise en charge des patients souffrant d’arthrose cervicale ? Il faudra faire preuve d’encore beaucoup de patience avant de pouvoir l’affirmer…

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