Arthrose du genou et injections d’acide hyaluronique, un effet magique ?

Une présence naturelle dans l’organisme

Outre sa présence dans l’oeil, la peau ou encore la salive, l’acide hyaluronique entre également dans la composition du liquide synovial dans lequel baigne le cartilage des articulations et notamment du genou.
Ce liquide élastique et visqueux joue simultanément le rôle de lubrifiant et de protecteur, permettant aux cartilages les mouvements de friction les uns contre les autres tout en les nourrissant, ce qui lui octroie une fonction essentielle dans le fonctionnement de l’articulation.
La fonction de lubrification de l’acide hyaluronique permet à l’articulation du genou de supporter notre poids, d’absorber les chocs et de se mouvoir, ce qui lui confère une fonction mécanique fondamentale.
Les bienfaits de l’acide hyaluronique se retrouvent également dans ses spécificités anti-inflammatoires, en réduisant le taux de prostaglandines qui se trouve à l’origine de l’inflammation, tout en stimulant la régulation entre la destruction et la réparation du cartilage.
Les douleurs et pertes de mobilité du genou ont donc pour origine un appauvrissement de l’acide hyaluronique au sein du liquide synovial dans les cas d’affections dégénératives.
Un complément du liquide synovial, par un un apport d’acide hyaluronique hautement purifié en injections intra-articulaires, permet d’accroître les propriétés viscoélastiques.
On observe alors une amélioration des propriétés lubrifiantes dont résultent une diminution de la douleur et une mobilité accrue.

Une efficacité prouvée pour les cas d’arthrose du genou

De nombreuses études scientifiques et cliniques mettent en évidence l’efficacité de l’acide hyaluronique dans l’arthrose du genou et, plus récemment, dans celle de la hanche. Les résultats des travaux mettent en exergue une amélioration des symptômes de cette maladie, à savoir une diminution de la douleur lors de la réalisation de mouvements, ainsi qu’une progression sensible de la mobilité articulaire.

Si l’injection d’acide hyaluronique ne guérit pas l’arthrose, elle possède la faculté de ralentir la dégradation de l’articulation, qui, dans certains cas, sera en mesure de produire à nouveau elle-même de l’acide hyaluronique.

Outre ces facteurs d’amélioration déjà considérables, le soulagement de la douleur et les progrès en terme de fonctionnalité de l’articulation permettent d’observer une nette diminution, voir un arrêt de la consommation d’antalgiques et d’anti-inflammatoires.

Le taux de réaction favorable au traitement est de l’ordre de 70 à 80% ce qui explique les recommandations d’injection d’acide hyaluronique par des experts européens et américains.

Une technique d’injection quasi indolore et des résultats pérennes pour au moins 6 mois

En pratique l’injection est réalisée par des rhumatologues, des médecins spécialistes de la réadaptation fonctionnelle ou des chirurgiens orthopédistes, avec des aiguilles très fines permettant un acte très peu douloureux.

Le traitement se fait le plus souvent en 3 injections à une semaine d’intervalle, après un repos de l’articulation de 24 heures après chaque acte.
Il existe également des traitements en mono injection dont une étude récente démontre également l’efficacité.

Les effets bénéfiques de ces infiltrations d’acide hyaluronique se font sentir dans un laps de temps compris entre quelques jours et quelques semaines après l’injection et pourront se prolonger pendant une durée variable de quelques mois jusqu’à près d’un an.

Les effets secondaires observés sont très rares, voir exceptionnels et, si votre praticien le juge nécessaire, le traitement peut-être réitéré chaque année.

Des travaux en cours devraient permettre d’identifier les populations les plus réceptives au traitement…

Emettant l’hypothèse qu’il existe des groupes d’arthrosiques différents, plus ou moins réceptifs aux injections d’acide hyaluronique, des médecins spécialistes mènent actuellement des études sur les facteurs prédictifs d’efficacité de la thérapie (c’est le cas du Docteur Laurent Grange, rhumatologue au CHU de Grenoble et président de l’AFLAR), ce qui permettrait d’identifier les profils pleinement compatibles et de faire progresser la connaissance des mécanismes d’action.

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