Arthrose zygapophysaire : de quoi s’agit-il ?

Si vous faites partie des nombreuses personnes souffrant de lombalgie, certainement avez-vous déjà entendu parlé de discopathie, une pathologie caractérisée par une déshydratation de la partie centrale du disque, ce qui engendre progressivement une perte de hauteur discale ainsi qu’une inflammation du filet nerveux sur le pourtour du disque. Mais savez-vous ce que révèle une arthrose facettaire ou zygarthrose ?
Bien que ces termes soient peu communs, l’arthrose zygapophysaire est en fait une pathologie relativement courante génératrice de maux de dos, puisqu’on estime qu’environ 14 à 41% des personnes souffrant de maux de dos présenteraient des lésions de la moelle osseuse caractéristiques de ce type d’arthrose.
Nous avons donc souhaité faire le point en vous apportant un éclairage sur ce que sont les articulations zygapophysaires, sur les symptômes, la pose du diagnostic ainsi que sur les traitements existants visant à soulager cette forme d’arthrose. Suivez-nous au coeur de vos vertèbres !

Définition de l’arthrose zygapophysaire

L’arthrose zygapophysaire est une forme d’arthrose qui concerne les articulations interapophysaires postérieures de la colonne vertébrale également appelées articulations zygapophysaires. Il s’agit en fait des articulations situées entre les arcs vertébraux le long de la colonne vertébrale. Ce sont des articulations de type synovial, les mouvements articulaires étant facilités par la présence d’un liquide visqueux appelé synovie.
Extrêmement répandue, la zygarthrose, au même titre d’ailleurs que la discopathie dégénérative, pourrait être à l’origine du mal de dos dont se plaignent nombre de patients.
Ces articulations, à la surface plate, unissent les processus osseux inférieurs (gauche et droit) d’une vertèbre aux processus osseux supérieurs de la vertèbre qui la suit. En outre, les surfaces articulaires de ces articulations sont cartilagineuses. La capsule articulaire, qui maintient l’articulation zygapophysaire, a une épaisseur variable croissante, ce qui signifie que les capsules articulaires des vertèbres cervicales sont plus minces que celles des vertèbres thoraciques, elles-mêmes plus fines que celles des vertèbres lombaires. Pour être complet et précis dans le descriptif de ces articulations zygapophysaires, notons qu’elles présentent un degré d’inclinaison variable selon les types de vertèbres (cervicales, thoraciques ou lombaires) permettant des mouvements de rotation, d’inclinaison et de flexion ou extension de la colonne vertébrale.
L’arthrose zygapophysaire se traduit par une destruction du cartilage à travers un processus d’amincissement et de fissuration qui va mener à sa disparition. Lorsque la disparition du cartilage ne lui permet plus d’assumer son rôle, les différentes structures de l’articulation peuvent être touchées, qu’il s’agisse des arcs vertébraux, du tissus synovial ou encore de la capsule articulaire, et ce sont ces lésions qui seront tenues responsables des maux de dos ou douleurs le long de la colonne vertébrale.

Symptômes et diagnostic de l’arthrose zygapophysaire

  • Quelles sont les conséquences de la destruction articulaire ? La destruction du cartilage articulaire est génératrice d’une réduction de l’espace séparant les deux extrémités osseuses de l’articulation zygapophysaire, ce qui induit un pincement articulaire. Parfois il est possible d’observer un amas de cellules osseuses d’une épaisseur anormale situé sur les extrémités osseuses appelées ostéophytes ou plus communément « becs de perroquet ». D’autre part, en se détériorant, le cartilage osseux libère des substances qui se révèlent irritantes pour la membrane synoviale ce qui va générer un processus inflammatoire. Le liquide synovial, produit en quantité supérieure à la normale suite à cette réaction, voit aussi sa qualité se détériorer et n’est plus en capacité d’assumer son rôle protecteur au regard du cartilage.
  • Typicité de la douleur générée par l’arthrose zygapophysaire : la structure du cartilage n’étant pas innervée, la douleur est issue du tissu synovial, de l’os sous chondral, des tendons et des ligaments qui, eux, sont constitués pour partie de terminaisons nerveuses. Les douleurs générées, de type mécanique, se déclenchent le plus fréquemment suite à un effort ou à une période prolongée dans une position statique et sont variables d’un patient à l’autre, alternant les crises et les accalmies avant de disparaître lors des phases de repos. La douleur générée touche l’ensemble du dos et peut irradier vers les membres inférieurs ou supérieurs. Au niveau cervical, les douleurs peuvent être ressenties jusque dans la nuque.
  • Comment s’effectue le diagnostic de l’arthrose zygapophysaire ? A l’instar des autres types d’arthrose, une simple radiographie permet de poser le diagnostic en mettant en évidence des signes indirects permettant d’identifier l’arthrose :
    • pincements articulaires,
    • condensation osseuse sous chondrale,
    • présence d’ostéophytes ou becs de perroquets autour de l’articulation zygapophysaire.

Quelles sont les causes de l’arthrose zygapophysaire ?

Bien que les mécanismes à l’origine de la pathologie soient encore assez méconnus, ils semblerait que les facteurs génétiques exercent un rôle particulièrement significatifs dans ce type d’arthrose.
L’âge, le poids et la pratique intense d’un sport peuvent également constituer des facteurs de risque non négligeables.

Quel traitement adopter ?

Tout comme les autres types d’arthrose, l’arthrose zygapophysaire est une maladie dégénérative que la médecine actuelle ne sait pas encore guérir. Ainsi les différents protocoles de traitement établis au regard d’autres articulations sont également valables dans le cas qui nous intéresse ici, à savoir :

  • les traitements médicamenteux à base d’antalgiques et d’anti-inflammatoires,
  • les traitements naturels au sein desquels on retrouve les cures thermales, la kinésithérapie, l’ostéopathie, la pratique d’exercices physiques, les compléments alimentaires naturels…,
  • les infiltrations de corticoïdes pour soulager les crises et les injections d’acide hyaluronique afin de lubrifier l’articulation,
  • les interventions invasives telles que la chirurgie.

Ce qu’il faut éviter pour soulager la douleur

  • Les efforts intenses pour ne pas léser davantage les extrémités osseuses de l’articulation.
  • Les mouvements extrêmes de flexion ou d’extension du dos.
  • Les positions statiques prolongées.
  • De se trouver dans une situation de fort surpoids ou d’obésité pour ne pas faire supporter davantage de contraintes à l’articulation.

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