Carences en vitamine D et gonarthrose : un lien de corrélation ?

Dernière modification : 11 janvier 2022

Avant de nous intéresser au lien éventuel entre vitamine D et gonarthrose, connaissez-vous le rôle tenu par la vitamine D au sein de notre organisme ? Savez-vous de quelle façon apporter de la vitamine D à notre corps ? Quelles sont les conséquences corporelles d’une carence ou au contraire d’un dosage trop élevé de vitamine D ?
Fort de ces réponses, nous observerons à travers un suivi de patients par une équipe de chercheurs australiens, si un manque de vitamine D peut avoir un réel impact sur les personnes souffrant d’arthrose du genou.
Suivez-nous dans les méandres de cette vitamine D dont la lettre dénominatrice est également la première lettre du mot douleur…

Qu’est-ce que la vitamine D ?

La vitamine D est essentielle au bon fonctionnement de notre organisme, sa fonction principale étant d’augmenter les concentrations de calcium et de phosphore dans le sang.
Elle joue un rôle essentiel dans la qualité du tissu osseux et musculaire ainsi que dans le renforcement de notre système immunitaire. Néanmoins, la majorité des Français sont carencés en vitamine D. Quels en sont les risques et comment apporter de la vitamine D à son organisme ?

Comment satisfaire les besoins en vitamines D de l’organisme ?

Deux possibilités vous sont offertes afin de couvrir vos besoins corporels en vitamine D :

  • L’exposition au soleil : pour ceux d’entre nous vivant dans des régions peu ensoleillées, notamment durant la période hivernale, l’apport en vitamine D peut se révéler insuffisant. On estime qu’une exposition au soleil durant un laps de temps de 15 à 20 minutes par jour constitue un apport journalier suffisant pour notre organisme.
  • La consommation d’aliments riches en vitamine D :
    • notons en premier lieu les poissons gras comme le maquereau, les sardines, le saumon ou encore les harengs,
    • le jaune d’oeuf,
    • le chocolat noir,
    • le beurre et la margarine,
    • certains produits laitiers enrichis en vitamine D.

Afin d’assurer un apport suffisant à son organisme tout en conservant une alimentation équilibrée, il est conseillé de varier ses repas autant que possible et de consommer du poisson deux fois par semaine dont une de poisson gras.

Quels sont nos besoins journaliers en vitamine D ?

Selon l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), la référence nutritionnelle pour la population (RNP) est de 15 microgrammes par jour et par adulte. Parallèlement il est intéressant de noter que selon les données de l’étude Inca 3, l’apport journalier moyen via l’alimentation est de 3,1 microgrammes seulement pour la population comprise entre 18 et 79 ans avec un apport plus élevé chez les hommes que chez les femmes.

Quels sont les risques induits par une carence en vitamine D ?

Les principaux troubles dus à une carence en vitamine D sont essentiellement de deux ordres :

  • des troubles musculaires générant une diminution du tonus musculaire, des crises de tétanie ou encore des convulsions ;
  • des troubles osseux : ostéomalacie chez les adultes et rachitisme chez les sujets jeunes en pleine croissance, pouvant provoquer des douleurs osseuses et musculaires ainsi que des déformations osseuses. Une carence en vitamine D peut potentiellement entraîner une diminution de la masse osseuse et induire un risque accru de fracture, risque d’autant plus élevé en cas de faible pratique d’activité physique.

Une carence en vitamine D peut-elle être liée à une augmentation de la douleur en cas de gonarthrose ?

Une équipe de chercheurs australiens à l’université de Tasmanie a établi un suivi de patients souffrant d’arthrose du genou en évaluant leur taux de vitamine D au début de l’étude, puis à trois mois et à deux ans, ce qui leur a permis de rapprocher ces données de l’évolution de la pathologie arthrosique.
Trois groupes de patients ont été distingués, ceux n’ayant aucun déficit en vitamine D, ceux ayant un déficit constant et enfin ceux qui sont caractérisés par un déficit inconstant.
Les résultats obtenus tendent à mettre en évidence un bénéfice du groupe « aucun déficit » par rapport aux deux autres groupes « déficit ». Ainsi l’étude laisse entrevoir qu’un taux normal de vitamine D dans l’organisme protègerait contre une perte de cartilage et réduirait le volume des épanchements en rapport avec une synovite tout en freinant le déclin des capacités physiques.
Cette étude plaide donc en faveur d’un bénéfice de la vitamine D sur l’évolution de la gonarthrose en mettant en évidence un effet quelque peu protecteur.

Quelle conclusion tirer de cette étude ?

Les résultats obtenus soulignent l’intérêt d’un dosage de la vitamine D et plaident en faveur d’une supplémentation au regard des patients carencés dans le but de soulager la douleur et d’améliorer la fonction articulaire.

Sources :
ANSES
The American Journal of Medicine

Cet article vous a-t-il plu ?

Note moyenne : 4 / 5. Nombre de vote : 1