Conseils pratiques concernant les anti-inflammatoires non stéroïdiens

Lors d’une rubrique précédente, je vous ai donné quelques informations sur l’automédication. Aujourd’hui, je veux attirer votre attention sur les anti-inflammatoires non stéroïdiens ou AINS.

Les AINS sont une grande famille de médicaments largement utilisée mais hélas trop souvent banalisée.
Ces médicaments sont indiqués pour traiter les douleurs (maux de tête, règles douloureuses, douleur articulaire, arthrose, tendinite, contusion, rhumatisme inflammatoire, etc… ), la fièvre et à plus forte dose l’inflammation.

Voies d’administration

Vous pouvez trouver différentes formes d’AINS :
Voie orale (ex : comprimé, goutte, granulé à dissoudre)
Voie cutanée (ex : gel, pommade, patch)
Voie rectale (suppositoire)
Voie injectable (ex : intraveineux, intramusculaire)

Contre-indications

Les AINS ne doivent pas être utilisés dans les cas suivant :
allergie ou asthme provoqués par les médicaments de la famille des AINS ou de l’aspirine ;
• antécédent de perforation ou de saignement digestifs en lien avec une prise d’AINS ;
ulcère gastro duodénal ;
maladie grave du foie (ex : insuffisance hépatique, cirrhose, hépatite… ) ;
insuffisance cardiaque ;
insuffisance rénale ;
femme enceinte à partir du 6e mois ; certains AINS sont contre-indiqués durant toute la grossesse et il est donc indispensable de demander conseil à votre médecin, à votre sage-femme ou à votre pharmacien ;
infections qui pourraient être aggravées par la prise d’AINS (ex : angine, otite, varicelle, rhinopharyngite, COVID 19, infection urinaire, infection bactérienne… ).

Pour l’anecdote, 1 seul comprimé peut suffire à provoquer un saignement digestif ou aggraver une maladie rénale ou cardiaque !

Interactions médicamenteuses

Elles sont nombreuses et peuvent induire des complications qui peuvent parfois vous conduire aux urgences.

Les principaux médicaments pouvant rentrer en interaction sont :
• Les fluidifiants du sang comme les anticoagulants (ex : anti vitamine K, NACO ou nouveaux anticoagulants oraux comme le rivaroxaban, apixaban, dabigatran) et les antiagrégants plaquettaires (ex : aspirine, clopidrogrel…). La liste n’est pas exhaustive.
• Le lithium
• Le méthotrexate. En rhumatologie, ce médicament est utilisé pour traiter certain rhumatisme inflammatoire comme la polyarthrite rhumatoïde. Nous avons parfois recours à l’association du méthotrexate et d’un AINS mais cela est fait sous étroite surveillance clinique et biologique (prise de sang) et pour une durée la plus courte possible.
• Les diurétiques et certains traitements antihypertenseurs.

Il ne faut jamais associer 2 anti-inflammatoires (y compris l’aspirine à dose anti-inflammatoire) en raison d’un risque d’hémorragie digestive important même s’il s’agit de 2 formes d’administrations différentes (ex comprimé et pommade).
Trop souvent dans ma pratique courante j’observe ce type de mésusage des AINS ! Je vous conseille d’être plus vigilant. Quand on pense qu’un seul comprimé pour vous conduire aux urgences, autant l’éviter, ne croyez-vous pas ?

Effets indésirables

Les « banaux » : maux de tête, vertiges, nausées
Les « plus ou moins graves » qui doivent vous interroger : douleurs ou brûlures d’estomac, ulcère ou hémorragie digestive, réactions allergiques (éruption cutanée, asthme, œdème de Quincke), insuffisance rénale.

En cas de survenue d’un effet indésirable, je vous conseille de ne pas sous-estimer ces signes qui peuvent être les prémices de complications plus sévères, d’arrêter le traitement et de consulter votre médecin.

Trucs et astuces

En cas de fièvre ou de douleur, préférez un antipyrétique ou un antidouleur type paracétamol.
Limitez l’usage des AINS
même ceux qui sont en vente libre (comme l’ibuprofène et ses dérivés).
Quand il y a une indication à un traitement par AINS, respectez bien les doses et la durée prescrites par votre médecin. Ce type de traitement ne doit pas excéder 1 semaine (sauf raison particulière retenue par votre médecin).
Prenez votre traitement pendant le repas.
Même un AINS en pommade peut faire mal à l’estomac.
C’est son mécanisme d’action qui veut ça !
Je demande souvent à mes patients de plus de 70 ans, de ne pas utiliser les AINS même en gel ou pommade.
Il y a des alternatives moins agressives !

J’espère que ce topo synthétique vous sera utile…

A bientôt pour une prochaine rubrique

Dr Aurélie Sicaud – Médecin Rhumatologue

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