Infiltrations de corticoïdes, que faut-il en attendre ?

Subtilité de vocabulaire médical : Quelles sont les différences entre injection et infiltration ?

Vous êtes-vous déjà interrogé sur la différence entre une infiltration et une injection ?
Sans être un linguiste confirmé, pourriez-vous en donner une définition précise ?

Une injection est une pénétration d’un fluide dans l’organisme, que ce soit en intramusculaire, en sous-cutané, en intra-veineux, en intra-articulaire…

Une infiltration est, quant à elle, une injection locale intra-articulaire, ab articulaire (autour de l’articulation), péri-tendineuse ou péridurale, de corticoïdes par définition historique.
Cependant, depuis l’avènement d’autres molécules comme l’acide hyaluronique ou les PRP, une infiltration n’est pas nécessairement réalisée avec des corticoïdes.

Vous l’aurez compris, les deux termes, tout en ayant une signification assez proche sont pour autant très précis. Le terme injection désigne l’action de pénétration d’un produit dans l’organisme et, par voie de conséquence, une infiltration est donc une injection.

Dans le cas des corticoïdes, on parle donc bien d’infiltration. Il s’agit d’infiltrer l’articulation afin d’y faire pénétrer un puissant anti-inflammatoire à base de cortisone, dans le but de soulager la douleur aigüe lors de crise. L’objectif des infiltrations intra-articulaires de corticoïdes est d’injecter une quantité minimale de substance active directement dans la zone douloureuse de façon à obtenir une efficacité aussi importante qu’une corticothérapie par voie générale, tout en évitant la majorité des effets secondaires.

Soigner la douleur, mais pas la cause

Traiter une douleur ne signifie aucunement que le traitement proposé sera curatif au regard de la cause de la douleur, donc de la pathologie dont vous souffrez.
Pour le patient se voyant proposé des infiltrations de corticoïdes, il est donc essentiel de comprendre que cette technique ne vous guérira pas de la maladie dont vous êtes atteint, seule la douleur sera traitée, ce qui est essentiel, n’en doutons pas !
Ces anti-inflammatoires puissants à base de cortisone seront donc administrés uniquement durant les phases aigües pour soulager, voir stopper la douleur, et le plus souvent, en seconde intention, ce qui signifie après la prescription par votre rhumatologue, d’anti-inflammatoires non stéroïdiens.
Les infiltrations sont donc à réserver aux poussées d’arthrose et ne doivent pas être pratiquées en dehors de ces périodes.

Une efficacité inégale suivant les patients

A l’instar d’autres traitements, les infiltrations de corticoïdes ne permettent pas d’obtenir des résultats identiques pour l’ensemble des patients.
Sans que l’on sache en définir les raisons, ni les prévoir, les réactions individuelles peuvent-être très différentes : traitement donnant entière satisfaction pour les uns et totalement inopérant pour les autres. Dans ces conditions d’inégalité de réaction au traitement, on ne peut qu’espérer l’efficacité du traitement et non la promettre.
Peu d’articulations sont concernées par un traitement local aux corticoïdes, celui-ci s’applique essentiellement au genou, à la hanche, à la base du pouce et au niveau lombaire.

Les techniques d’imagerie nécessaires à une bonne réalisation de l’acte

L’infiltration se pratiquant directement dans l’articulation pour injecter le produit, le geste technique doit-être effectué par un rhumatologue ou un radiologue.
Qu’il s’agisse du genou ou à fortiori de la hanche ou du dos, le praticien pourra s’aider des moyens techniques d’imageries que sont l’échographie, le scanner ou la télé-radioscopie, pour placer aisément l’aiguille dans l’articulation.

L’infiltration de corticoïdes est-elle douloureuse ?

Dans certains cas, une réaction douloureuse au point d’injection peut se faire sentir, mais cette douleur inflammatoire, provoquée par le produit comprimant temporairement la zone où à eu lieu l’injection, disparaît le plus fréquemment dans un laps de temps de 24 à 48 heures.
Concernant l’acte d’infiltration en lui-même, il peut-être douloureux, particulièrement lorsqu’on infiltre la hanche – l’articulation étant profonde – les doigts de la main dont les articulations sont petites ou le rachis. Le médecin applique donc parfois, de façon préalable, un patch anesthésique local afin de limiter la douleur.

Pour l’obtention d’un résultat optimum, plusieurs infiltrations de cortisone sont parfois nécessaires. Si les résultats escomptés n’ont pas été atteints suite à la première injection, il est possible d’en pratiquer une seconde dans les 15 jours suivants, voir une troisième.
Dans l’hypothèse où le patient a bien réagi au traitement mais que la douleur revienne après quelques mois, il est envisageable de pratiquer une nouvelle infiltration.
A contrario, dans le cas d’une crise d’arthrose non soulagée par une première infiltration de corticoïdes, il est peu probable qu’une seconde dose de cortisone soit efficace.

Risque d’aggravation de certaines pathologies et effets secondaires

Les pathologies devant-être particulièrement surveillées, avant une infiltration de corticoïdes, sont le diabète et l’hypertension artérielle, qui devront être parfaitement traitées et contrôlées au préalable.
Spécifiquement pour les diabétiques, il sera nécessaire de contrôler sa glycémie durant les 48 à 72H suivant l’infiltration, le traitement entraînant un dérèglement transitoire.
D’autres cas peuvent constituer des contre-indications, notamment les infections récentes, dans un délai de plus ou moins trois mois avant la décision de réalisation du traitement par la cortisone. D’autres pathologies, comme un herpès, un zona en cours ou encore un glaucome doivent être signalées et surveillées avant l’intervention.
Un effet secondaire peut survenir en cas d’infiltrations répétées de corticoïdes pouvant entraîner une insuffisance surrénale au moment où l’on stoppe les injections.

Des résultats très variables sur une durée relativement courte

Outre une sensibilité très personnelle aux corticoïdes variant d’un individu à l’autre, l’effet bénéfique de l’infiltration sur la douleur articulaire varie généralement de quelques jours à deux mois.

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