Inflammation : symptômes, bénéfices et risques

Suite à une blessure, un traumatisme, une infection, une crise rhumatismale, localement votre peau devient rouge, vous ressentez une douleur, une sensation de chaleur, de brûlure et un oedème se forme ? Une inflammation est probablement en train de se produire en réaction à une agression de l’organisme, qu’elle soit d’origine traumatique, microbienne ou auto-immune. Savez-vous de quelle façon se déclenche une réaction inflammatoire et quel est son rôle ? Quels en sont les symptômes, les bénéfices et les risques pour notre organisme ?
En France, plus de 12 millions de personnes souffrent de rhumatismes dont environ 600 000 de rhumatismes inflammatoires chroniques, tels que la polyarthrite rhumatoïde ou la spondylarthrite, et 4 000 enfants atteints d’arthrite juvénile idiopathique.
Nous avons donc souhaité faire le point sur cette réaction courante aux multiples facettes.

Qu’est-ce qu’une inflammation ?

L’inflammation est un mécanisme naturel, un processus de réactions biologiques ou cellulaires, qui se met en place lorsque l’organisme subit une agression d’origine traumatique, infectieuse ou auto-immune.
Essentiellement locale, l’inflammation mobilise les globules blancs afin qu’ils sécrètent des molécules menant à une vasodilatation des vaisseaux. Cette dilatation des vaisseaux va permettre l’arrivée d’autres cellules qui aideront l’organisme à lutter contre l’agression.
Lorsque l’inflammation ne peut être contrôlée, le système de défense de l’organisme s’intensifie et développe une réponse immunitaire.

Quels sont les symptômes de l’inflammation ?

La réaction inflammatoire se manifeste principalement sous la forme de quatre signes cliniques, à savoir la douleur, la rougeur, la chaleur et le gonflement. L’inflammation peut cependant être cutanée ou sous-cutanée. Elle peut être la conséquence d’un abcès, d’un choc, mais également toucher un organe. Les maladies inflammatoires peuvent toucher la plupart des organes et tissus de notre corps, comme le système digestif ou nerveux, les artères, les membranes entourant le cerveau… Dans l’hypothèse d’une inflammation interne, les signes précédemment cités sont bien présents mais ne sont pas visibles, seule la douleur étant ressentie.

Quels sont les acteurs de l’inflammation ?

Les deux acteurs principaux que l’on retrouve lors d’une réaction inflammatoire sont les cellules et les molécules. Mais quels sont leur rôle respectif ?
Les cellules : s’agissant des cellules, ce sont essentiellement les globules blancs qui sont concernés. Au stade initial de l’inflammation, c’est la famille des polynucléaires qui va être sollicitée, mais plus la réaction inflammatoire va perdurer, plus nombreuses seront les différentes catégories de globules blancs à intervenir.
• Les molécules : elles sont pour leur part fabriquées par les tissus ou organes subissant l’agression. Ce sont elles qui permettent la vasodilatation et donc l’afflux des globules blancs.

Quel est le mécanisme de fonctionnement de l’inflammation ?

Bénéfique s’il en est puisqu’elle constitue un moyen de défense de l’organisme, la réaction inflammatoire peut persister jusqu’à devenir chronique.
Le système immunitaire se trouve dépassé et l’effet bénéfique initial gommé, il est nécessaire dans ces situations de diagnostiquer les causes de l’inflammation puis de les traiter.
• L’inflammation aigue : l’inflammation initiale agit très rapidement, différentes populations de globules blancs, telles que les polynucléaires et les macrophages, étant en charge de détruire le responsable de l’agression. Il s’agit d’un système de réaction envers toute tentative d’agression. Les différents signes cliniques, comme la douleur ou la rougeur, sont caractéristiques de ce processus inflammatoire. Dans les cas où l’inflammation parvient à juguler le mécanisme de l’agression, le tissu n’étant plus agressé se réparera de lui-même, signant de fait la fin du processus inflammatoire.
• L’inflammation chronique : lorsque la réaction inflammatoire persiste dans le temps, elle peut déboucher sur des maladies inflammatoires chroniques comme la polyarthrite rhumatoïde. L’agression locale ne parvenant pas à être contrôlée, l’organisme va amplifier son système de défense en faisant appel à la réponse immunitaire.

Quand devons-nous consulter notre médecin ?

Lorsque l’inflammation devient chronique en se prolongeant dans le temps sans que l’on parvienne à en définir la cause, il est nécessaire de consulter son praticien afin qu’il établisse un diagnostic précisant les causes de l’inflammation. Complexe s’il en est, le processus inflammatoire peut être soulagé par la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens ou par la cortisone. Ces traitements ne peuvent cependant pas être prescrits au long court en raison des effets secondaires générés et nécessitent toujours un avis médical. Récemment, de nouvelles recherches portant sur des anticorps visent à cibler puis à détruire certaines molécules impliquées dans la réaction inflammatoire. Ces recherches constituent le défi de notre futur à court ou moyen terme.

Quelques conseils alimentaires pour réduire l’inflammation

Une adaptation de votre régime alimentaire pourra être bénéfique afin de diminuer la stimulation de l’inflammation. Nous avons retracé les grandes lignes de ce rééquilibrage :
Privilégier les oméga 3 et diminuer les oméga 6 : les oméga 3 sont des acides gras polyinsaturés aux nombreux bienfaits. Ils participent au bon fonctionnement du cerveau, de la rétine, du système nerveux, ils diminuent également la pression artérielle chez les individus hypertendus, ils aident à la diminution du mauvais cholestérol dans le sang… Ainsi vous pouvez consommer des poissons gras comme le maquereau, le saumon ou encore le hareng, l’huile de foie de morue, de lin, de noix ou de colza, les graines de chia, les noix fraîches…
• Diminuer les gras « trans » : les acides gras trans sont des acides gras insaturés naturellement présents en petite quantité dans la viande et les produits laitiers, mais également dans de nombreux produits industriels (biscuits salés et sucrés, viennoiseries, pâtisseries, pâte à tarte, pain de mie, soupes déshydratées, plats cuisinés… ). L’ensemble de ces aliments sont fabriqués à partir d’huiles végétales hydrogénées ou d’huiles végétales chauffées à de fortes températures.
• Consommer des fruits et légumes sans modération : riches en antioxydants, ils bloquent la fabrication d’hormones inflammatoires.
• Les céréales entières : vous pouvez remplacer avantageusement les pâtes ou le riz blanc par leurs équivalents composés de fibres entières ; vous pouvez ainsi cuisiner à votre guise, le riz brun, de la semoule de blé entière, de l’avoine… au même titre, il est souhaitable de remplacer le pain blanc par du pain complet, moins raffiné et plus riche en fibres.
• N’oubliez pas le chocolat…noir : faîtes-vous plaisir avec un ou deux carré de chocolat noir, un régal pour le palais, riche en antioxydants.
Limiter sa prise de poids : vous savez tous que le surpoids ou l’obésité sont générateurs de problèmes de santé, mais savez-vous que la perte de poids favorise la diminution de l’inflammation ? Nous ne sommes pas tous des mannequins, alors à défaut d’atteindre votre poids de forme dont l’indice de masse corporelle (IMC) devrait être compris entre 20 et 25, veillez à maintenir votre poids à un niveau raisonnable…

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