La gemmothérapie ou médecine des bourgeons

Constituant l’une des branches de la phytothérapie, la gemmothérapie également appelée phytoembryologie, est une pratique à visée thérapeutique douce issue des recherches des Dr Pol Henry et Max Tetaux.
Le principe consiste à utiliser des tissus embryonnaires végétaux en croissance, tels que de jeunes pousses ou des bourgeons, avec lesquels on va préparer par macération dans un mélange d’eau, de glycérine et d’alcool, un extrait nommé macérât glycériné.
Le postulat d’origine émet l’idée selon laquelle le tissu végétal formé de cellules se divisant constitue l’essence même de la croissance des plantes et contient l’ensemble des principes actifs ayant la faculté de soulager, voir de guérir.
Ces jeunes organismes sont riches en vitamines, oligo-éléments, polyphénols, facteurs de croissance, flavonoïdes…
Nous nous sommes donc intéressés au mode de fabrication de ces extraits de plantes, à leurs bienfaits supposés, à leurs contre-indications ainsi qu’aux spécialistes qui pratiquent cette thérapie… Si vous êtes sensibilisé aux médecines douces, cet article vous concerne.

Mode de fabrication : macération ou dilution ?

Deux écoles de pensées s’affrontent quant à la méthode de fabrication des extraits de jeunes pousses végétales. Si la première préconise de suivre les préceptes du Dr Pol Henry, la seconde s’en affranchit et propose une autre solution. Examinons ces deux procédés.

Le macérât concentré
Nécessitant plusieurs étapes, c’est de loin la méthode la plus utilisée.
Le macérât s’obtient après macération des bourgeons entiers au sein d’un mélange d’eau, de glycérine et d’alcool à 90° durant un laps de temps d’une vingtaine de jours sous agitation constante à l’issue duquel le mélange est filtré par gravité. Les résidus subissent alors une extraction par pression douce pour ne pas altérer les extraits de végétaux. Enfin dernière étape, les résineux filtrés et pressés sont mélangés et permettent d’obtenir une substance appelée « macérat-mère » . Ce « macérat-mère » peut se comparer à la « teinture-mère » des solutions phytothérapeuthiques. La différence entre le macérât et la teinture se situe essentiellement au niveau de la concentration plus faible pour le bourgeon avec une dilution d’environ 1/20 au lieu de 1/10.
La posologie est bien sûr variable selon les extraits de végétaux mais se situe généralement entre 5 et 15 gouttes par jour en une à trois prises.

Le macérât glycériné 1D
Pour l’obtention du « macérat-mère », les bourgeons sont broyés et mis à macérer dans une solution composée de 50% de glycérine et 50% d’alcool à 90°.
Dans un second temps, le macérât subit une extraction sous forte pression d’environ 100 bars avant d’être dilué dans un mélange composé de 16% d’eau, 34% d’alcool et 50% de glycérine.

Si le macérat concentré est 10 fois plus concentré que le macérât glycériné 1D, il présente surtout trois avantages non négligeables :
D’une part la posologie s’en trouve considérablement réduite, puisque si 5 à 15 gouttes suffisent, le macérât glycériné en nécessite 50 à 150.
La posologie étant réduite, on ingère une quantité moindre d’alcool ce qui présente des facilités pour les personnes à risques ou sensibles, comme les enfants ou les femmes enceintes.
Enfin la présence d’eau dans le solvant permet l’extraction de composés hydrosolubles et permet l’obtention d’une palette plus large de principes actifs.

Les labels certifiant la qualité des macérats de bourgeons

Un macérat de qualité est, avant toute chose, un macérat fabriqué avec des bourgeons bio. Ces macérats concentrés sont soumis à une réglementation stricte relative aux compléments alimentaires et doivent comporter le logo AB ainsi que le logo Agriculture Bio Européen. Précisions que l’alcool et la glycérine présente dans le macérat doivent également être bio, ce qui permet aux consommateurs en présence de ces deux logos, d’être certains que le produit est composé à 95% au moins, d’ingrédients issus de l’agriculture biologique.
Rappelons à toutes fins utiles, que le cahier des charges de ce label Bio précise l’absence de pesticides, d’OGM et d’engrais chimiques de synthèse.

Les bienfaits supposés de la gemmothérapie

Précisons d’emblée que si les vertus curatives des plantes sont couramment plébiscités par les consommateurs, la gemmothérapie n’a fait l’objet d’aucune publication scientifique à ce jour. Selon les principes de la médecine basée sur des preuves, la gemmothérapie est une pratique infondée dans le sens où ses concepteurs et promoteurs n’ont jamais apporté le moindre élément de preuve de son efficacité thérapeuthique, elle est donc considérée comme une médecine parallèle ou non conventionnelle.

Ceci étant dit, quels sont les bienfaits supposés fréquemment mis en avant par les utilisateurs de ces macérats ?
Parmi les pathologies pouvant-être traités par ce biais, sont souvent cités les maladies cardiovasculaires, les problèmes de circulation sanguine, le niveau de triglycérides dans le sang, mais également l’amélioration du sommeil, la lutte contre la fatigue ou les troubles arthritiques…
Parmi l’ensemble des plantes, on peut citer par exemple le bourgeon de cassis, star incontestée de la gemmothérapie, réputé pour atténuer les douleurs articulaires, les rhumatismes, l’arthrite, l’arthrose et la goutte. Son effet diurétique participe également à l’élimination des déchets et des toxines, pouvant aider à la perte de poids.
Globalement, riches en polyphénols et en propriétés anti-oxydantes, les bourgeons de vigne ou de romarin contribueraient au renforcement de notre santé physique.
Le bourgeon de bouleau est pour sa part pressenti comme efficace au regard de la polyarthrite chronique évolutive, alors que le bourgeon de figuier a une action sur le système endocrinien ce qui expliquerait son efficacité sur les troubles du sommeil.

Contre-indications de la gemmothérapie

Les extraits de tissus végétaux embryonnaires ne présentent à priori pas de contre-indication, hormis certains cas spécifiques ou l’ingestion d’alcool est proscrite ou encore concernant les femmes enceintes qui devront toujours consulter un médecin avant de prendre un traitement. Des précautions doivent également être prises si vous êtes cardiaque, sujet à l’hypertension ou souffrant de troubles de la coagulation.
Vérifier enfin que les extraits de bourgeons que vous envisagez de prendre ne présentent pas de contre-indications avec un éventuel traitement médical en cours.

Gemmothérapie : où trouver un spécialiste ?

Il n’existe pas à proprement parler de spécialistes de la gemmothérapie, vous devrez vous rendre chez un herboriste, un naturopathe, un homéopathe voir chez un thérapeuthe doté de connaissances sur les plantes médicinales.

Une fois votre choix effectué, lors de la première séance, le praticien vous posera un certain nombre de questions afin de déterminer votre profil de santé, définir votre problématique et ainsi vous indiquer quel macérat de bourgeon prendre, en quelle quantité et à quelle fréquence.

Des macérats de bourgeon réalisés soi-même

La première étape consiste bien évidemment à cueillir des bourgeons, le plus souvent au début du printemps. L’étape de fabrication est relativement simple.
Au retour de la cueillette, faites macérer vos bourgeons durant trois semaines dans un mélange composé d’un tiers d’eau de source, un tiers d’alcool à 90° et un tiers de glycérine végétale. Le ratio est de 1 part de bourgeons pour 19 parts de mélange.
Au terme des 21 jours, filtrez le mélange à l’aide d’un tamis très fin et le transférer dans des flacons avec pipettes que vous conserverez à température ambiante et à l’abri de la lumière.
Certaines personnes sujettes aux troubles digestifs préfèrent remplacer la glycérine par du miel ou du sirop d’agave dont l’origine est plus aisément vérifiable.

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