Le chocolat, ami ou ennemi ?

Le saviez-vous ?

  • Les Français consomment, en moyenne, 7,3 kg de chocolat par an et par personne, les plaçant en 5eme position à l’échelon mondial, loin derrière les Allemands et les Belges qui en dégustent 11 kg par an.
  • 60% des français consomment du chocolat une fois par semaine et 20% une fois par jour.
  • En France, le chocolat noir représente 30% de la consommation de chocolat alors qu’au niveau mondial, ce pourcentage n’est que de 5%.
  • Pour prétendre à l’appellation « chocolat noir », le chocolat doit contenir un taux de cacao compris entre 35 et 99%.
  • Depuis la directive européenne du 15 mars 2000, entrée en vigueur en France en 2003, des matières grasses végétales, autre que le beurre de cacao, telles que l’huile de palme, les noyaux de mangue ou le karité, peuvent entrer dans la composition du chocolat.
  • 100 g de chocolat noir contiennent en moyenne 206 g de magnésium.
Le chocolat a la réputation d’être bon pour le moral, mais qu’en est-il pour l’arthrose ?

Mettons-nous tout d’abord d’accord sur la définition du terme chocolat, celui dont nous allons aborder les propriétés ici, est un chocolat noir avec 70% de cacao minimum.
Considéré par nombre d’entre nous comme un aliment plaisir, le chocolat possède des vertus nous permettant de déculpabiliser lorsque nous en consommons quelques carrés… ou parfois bien davantage.
Source de vitamine B et E, il contient en outre des polyphénols ainsi que d’autres antioxydants qui aident à lutter contre les radicaux libres, à l’origine de nombreuses maladies chroniques, dont l’arthrose… Ces polyphénols antioxydants jouent en effet le rôle de protecteur du système cardio-vasculaire, étant en capacité d’empêcher l’agrégation plaquettaire.
Les Mayas ne consommaient-ils déjà pas la fève de cacao sous forme de breuvage, en lui attribuant des bienfaits thérapeutiques agissant aussi bien sur l’impuissance, la toux ou les brûlures ?
Autre bonne raison de déguster ces petits carrés noirs, ils contiennent des phytostérols qui retardent l’absorption du cholestérol et nous protègent de la formation de caillots sanguins dans l’organisme. Nous pourrions également citer la théobromine, qui a un effet cardio-stimulant et diurétique, ou l’anandamyde, une molécule à la source de la sensation de plaisir et d’addiction… en un mot comme en deux, les tablettes de chocolat noir fortement cacaotées seraient bonnes pour notre santé, notre moral et totalement décomplexantes pour notre gourmandise… oui mais voilà, il s’agit ici du côté pile, étudions désormais de plus près le côté face…

Au-delà des vertus euphorisantes procurées par le chocolat noir sur notre moral et notre palais, certaines de ses composantes peuvent avoir un effet moins enchanteur sur notre santé et nos articulations…
A ce stade de notre réflexion, il est capital d’apporter la précision suivante : la fève de cacao n’est pas le chocolat et le processus de transformation du cacao en chocolat ferait disparaître 95% des bons polyphénols contenus dans la fève…
L’Académie française du chocolat nuance cependant ces propos, en affirmant qu’un travail scientifique récent a montré que, lors du processus de torréfaction classique, une modification bénéfique due à la nature des polyphénols s’exerçait, les « nouveaux » polyphénols ayant une action plus puissante que ceux naturellement présents dans la fève de cacao… l’argument de la qualité serait donc à privilégier en regard de celui de la quantité…

La poudre de cacao contenant 27% de lipides, qui eux-mêmes sont constitués de 60% d’acides gras saturés, la résultante est que le chocolat peut-être défini comme un aliment très gras composé de graisses d’assez mauvaise qualité.
Outre le fait qu’il soit très gras, le chocolat est également hypercalorique puisque la poudre de cacao contient jusqu’à 40% de glucides… un cocktail détonnant et néfaste pour la surcharge pondérale altérant le bon fonctionnement de nos articulations.
Ces deux composantes étant mises en évidence, nous n’avons cependant pas encore abordé l’un des soucis majeurs engendré par le chocolat, à savoir sa richesse excessive en purines avec 630mg pour 100g, source de la formation d’acide urique.
Lorsque les purines se cristallisent en urates et que cela aboutit à une sursaturation, des cristaux d’urate monosodique se forment dans les articulations et peuvent engendrer une inflammation articulaire aiguë : c’est la crise de goutte.

Plus insidieusement, depuis la directive européenne de l’an 2000 autorisant les graisses végétales autres que le beurre de cacao, on relève de plus en plus fréquemment la présence de graisse de palme dans les aliments produits industriellement et donc dans le chocolat non artisanal…

Les qualités du chocolat ne sont-elles que le reflet de ses défauts ?

Le chocolat, en tant que détenteur de propriétés bénéfiques à notre santé, a ses fervents défenseurs, tel le Professeur Joyeux, que ce soit sur le plan cardio-vasculaire en protégeant nos artères de l’athérosclérose ou neurologique en ayant des effets bénéfiques sur notre mémoire (mis en évidence par une étude de la Harvard Médical School de Boston datant de 2013). En outre, il faut également tenir compte de ses propriétés anti-stress et son rôle anti-dépresseur, ainsi que des différents minéraux essentiels qui entrent dans sa composition, comme le magnésium, le potassium ou encore le phosphore, vecteurs de lutte contre les crampes et la spasmophilie.

Néanmoins, malgré la mise en exergue de ses nombreuses vertus, son taux élevé en purines pro-inflammatoires, sa composition nutritive riche en acides gras saturés et en sucres, favorisant la prise de poids, il est conseillé aux personnes souffrant d’arthrose, non pas d’exclure totalement le chocolat de leur alimentation, mais tout au moins de le déguster avec modération et de privilégier un chocolat artisanal de qualité.

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