Nouvelle piste pour combattre l’arthrose, un extrait actif de champignon

N’ayez crainte, il ne s’agit pas d’évoquer la découverte d’un nouveau champignon hallucinogène pour vous aider à voir la vie en rose, mais plus sérieusement d’un nouvel espoir de combattre l’arthrose. Mais alors, de quoi s’agit-il ?

Le Cordyceps, un champignon aux origines lointaines

Inutile de vous précipiter dans la forêt la plus proche de chez vous à la recherche de ce champignon rare, si vous souhaitez le rencontrer pour découvrir à quoi il ressemble, vous devrez effectuer un long voyage jusqu’au Tibet puis arpenter ses hauts plateaux à plus de 3 000 mètres d’altitude.

Ce champignon, au nom peu évocateur, pourrait signifier d’un point de vue étymologique, tête de noeud ou tête en massue.
Parasite de la chenille, notamment de la chenille processionnaire du pin, il produit des stromas de couleur orange mesurant environ 5cm de hauteur. Son pied sinueux s’élargit pour former une tête épaisse et rugueuse, d’où le sens étymologique de son nom.

Un champignon aux mille vertus

Utilisé depuis des temps immémoriaux en Chine et au Tibet, le Cordyceps se voit attribuer mille vertus, parmi lesquelles l’augmentation de l’énergie physique, la stimulation sexuelle, le traitement de l’asthme et de la bronchite chronique ou encore l’amélioration des performances sportives des athlètes. Des bienfaits certes louables, mais quels bénéfices offre-t-il envers les pathologies arthrosiques ?

Dans une étude relativement récente, parue le 18 mars 2019 au sein de la revue « Scientific Reports », des chercheurs anglais se sont intéressés plus particulièrement à un composé actif du Cordyceps, la cordycépine.

Une nouvelle étude orientée sur son action thérapeutique contre l’arthrose

Si de précédentes études s’étaient attachées à mettre en exergue les vertus anticancéreuses de la cordycépine capable de ralentir la croissance et la division cellulaire, le Dr Cornelia de Moor, chercheuse en pharmacologie à l’université de Nottimgham, a tenté d’isoler une molécule impliquée dans l’inflammation et la destruction des tissus cartilagineux.
La molécule identifiée, l’objectif avoué était de parvenir à la neutraliser de façon à stopper le processus inflammatoire, c’est ainsi que fut testé la substance nommée cordycépine, extraite du champignon Cordyceps militaris.

Des résultats prometteurs

Durant ces travaux, les chercheurs ont étudié les effets de la cordycépine sur des rats souffrant d’arthrose, mais également sur des tissus articulaires humains.

Selon le Dr Moor, la substance étudiée a permis, non seulement de réduire la douleur, mais également de stopper la progression des lésions chez les animaux.
Plus intéressant encore, les résultats obtenus l’ont été grâce à un mécanisme différent de tout autre anti-inflammatoire existant sur le marché.
La cordycépine est en capacité de prévenir l’inflammation liée à l’arthrose en agissant sur la dernière étape de fabrication d’un ARN messager (acide ribonucléique), la polyadénylation.

L’espoir d’un nouveau traitement antalgique

Selon le Dr Moor, qui a dirigé cette étude, les espoirs placés dans la cordycépine pourraient déboucher à terme sur une nouvelle classe d’analgésiques : les inhibiteurs de la polyadénylation.

Si les scientifiques ayant effectué ces recherches sont parfaitement conscients du long chemin restant à parcourir avant qu’un médicament dérivé de la cordycépine ne soit mis à la disposition des patients humains, ils semblent toutefois très enthousiastes face aux perspectives prometteuses entraperçues.

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