Photothérapie et douleurs de l’arthrose

La photothérapie ou luminothérapie, dont l’objet est de soigner par la lumière, est principalement connue pour ses bienfaits sur les dérèglements biologiques. Les pathologies le plus fréquemment évoquées sont les dépressions et le blues hivernal lorsque les journées sont courtes et que la lumière vient à manquer, mais la photothérapie peut-elle également jouer un rôle pour soulager les douleurs de l’arthrose ?

Plusieurs études aux résultats parfois contradictoires suggèrent que certaines sources lumineuses, comme le laser athermique ou LLLT (Low Level Laser Therapy ou thérapie par laser de faible énergie), peuvent apporter une certaine efficacité dans le soulagement temporaire des douleurs chroniques et notamment celles de l’arthrose.

Nous avons enquêté et consulté les publications scientifiques sur le sujet, afin de tenter de vous apporter un éclairage plus concret sur cette méthode thérapeutique indolore et non invasive.

Le principe de la photothérapie laser

Le principe de la thérapie laser de faible énergie, utilisée par certains thérapeutes, consiste en un traitement par source lumineuse constituée de lasers ou de diodes, générant une seule longueur d’onde ou monochromatique, notamment dans le rouge, qui n’émet pas de chaleur et pas davantage de vibrations ou de sons.
Cette technique est également appelée biostimulation ou photobiologie.
Cette thérapie LLLT est supposée agir comme un anti-inflammatoire et accélérer la réparation des tissus conjonctif.
Il s’agit en réalité de convertir l’énergie lumineuse en énergie métabolique ayant pour effet de moduler le fonctionnement biologique des cellules.
L’énergie délivrée par le laser à faible niveau n’est pas suffisante pour dégager de la chaleur ou créer une destruction mais en comporte suffisamment pour parvenir à moduler les fonctions cellulaires.

Le traitement au laser athermique de basse énergie (LLLT)

Le traitement au laser athermique est une forme de photothérapie qui aurait la particularité de faire preuve d’efficacité aussi bien lors des premiers stades des douleurs aigües de l’arthrose que lors de douleurs chroniques lorsque la maladie est installée.

Efficacité de la thérapie laser à faible niveau d’énergie (LLLT) dans le traitement de la gonarthrose

En 2013, une première étude menée par des chercheurs sur 40 patients atteints de gonarthrose (arthrose du genou) a consisté à faire bénéficier une partie des patients d’une irradiation pendant une minute, deux fois par semaine durant un mois, alors que l’autre partie des patients recevait un traitement placebo, donc sans irradiation.
Les résultats mettent en exergue un soulagement de la douleur articulaire ressentie, tant au repos qu’en activité. Le groupe de patients traités au laser présente des différences significatives dans l’intensité de la douleur au repos et en mouvement ainsi qu’au niveau de la fonctionnalité du genou et de la durée de l’effort par rapport au groupe ayant reçu un traitement placebo. Cette étude permet donc de conclure que le traitement par laser de faible énergie semble efficace dans le soulagement de la douleur à court terme, tout en permettant une amélioration fonctionnelle significative chez les patients souffrant d’arthrose du genou. (Source : Effect of low-level laser therapy in patients with chronic knee osteoarthritis: a single-blinded randomized clinical study ; Ahmad Alghadir et al. Lasers in Medical Science 2013)

En 2019, les résultats d’une nouvelle étude et d’une méta-analyse, rapportés notamment dans le registre Cochrane, confirment que l’utilisation du laser à faible niveau d’énergie serait en capacité de soulager considérablement les douleurs ainsi que le manque de mobilité articulaire chez les patients souffrant de gonarthrose.

L’étude porte sur l’examen attentif de 22 essais contrôlés et randomisés, incluant 1 063 patients souffrant d’arthrose du genou.
Les chercheurs rapportent que ce traitement par LLLT (traitement laser à faible énergie) permet de considérablement réduire la douleur et l’incapacité articulaire par rapport au placebo et que cette observation peut être réalisée aussi bien à l’issue du traitement que durant la phase de suivi pouvant s’étendre jusqu’à 3 mois. (Source : BMJ Journals. Efficacy of low-level laser therapy on pain and disability in knee osteoarthritis: systematic review and meta-analysis of randomised placebo-controlled trials)

Thérapie laser de faible niveau d’énergie (LLLT) dans le traitement de la lombalgie

En 2008 la Collaboration Cochrane (organisation à but non lucratif indépendante fondée en 1993 et regroupant plus de 28 000 volontaires répartis dans une centaine de pays), dont le sérieux est clairement établi, s’est basée sur sept études regroupant 384 patients souffrant de lombalgies pour tenter de tirer des conclusions quant à l’efficacité du LLLT sur cette pathologie.
Trois de ces sept études portant sur 168 patients ont mis en évidence la supériorité du traitement LLLT par rapport au placebo, tout en insistant sur le faible niveau de réduction de la douleur.
Deux études portant sur 90 patients n’ont pas permis de démontrer la supériorité de la thérapie LLLT en comparaison d’exercices, voir d’exercices complétés par un traitement, pour réduire l’invalidité.

Les auteurs concluent que ces essais, portant sur de faibles échantillons de patients, différentes doses de LLLT et différents groupes de comparaison, sont notoirement insuffisants pour tirer des conclusions sérieuses dans le sens de l’efficacité ou dans celui d’une non efficacité. Il sera donc nécessaire d’effectuer de nouveaux tests en adoptant une méthodologie plus rigoureuse afin de se faire une idée plus précise de l’efficacité de la thérapie par LLLT sur la lombalgie.

Conclusion :

S’il existe des données provisoires tendant à démontrer l’efficacité du traitement par LLLT dans le traitement de la douleur et de la mobilité articulaire, notamment dans l’arthrose du genou, ou de la tendinopathie de l’épaule, des études complémentaires plus importantes et plus rigoureuses sur le plan méthodologique devront-être menées pour confirmer la tendance actuelle. Reste le fait que cette thérapie, non invasive et sans effet secondaire, pratiquée dans les cabinets de kinésithérapeutes ou rééducateurs, peut être complémentaire à un traitement plus classique prescrit par votre médecin dans le cadre d’une pathologie arthrosique. Une séance dure environ 30 minutes durant laquelle la ou les zones à traiter vont être mises sous la lumière. Le nombre de séances est généralement de une à deux fois par semaine.
L’INSA (Institut du sport et de l’arthrose) précise que les taux de bons résultats sont proche de 60%, mais qu’un délai de 4 à 6 semaines peut se révéler nécessaire avant de ressentir les premiers effets du traitement.

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