Prothèse de genou, la solution ultime ?

Environ 60 000 patients se font poser une prothèse de genou chaque année en France. Un chiffre évocateur qui résume à lui seul l’ampleur du problème des douleurs invalidantes, le plus fréquemment liées à l’arthrose.

Quelles sont les raisons motivant la pose d’une prothèse ?

Si vos douleurs au genou sont à la fois persistantes et invalidantes, si la simple pensée de monter ou descendre un escalier, voir tout simplement de marcher, engendre chez vous une appréhension face à la douleur ressentie, il peut être envisageable d’aborder la question légitime d’une prothèse avec votre médecin.

Au début du processus, l’affliction est uniquement ressentie lorsque l’articulation est en mouvement, lorsque vous marchez par exemple, mais peu à peu, de façon progressive, elle va se raidir, craquer, tout en laissant la douleur arthrosique devenir inflammatoire et générer de fortes douleurs nocturnes avec des crises de plus en plus rapprochées.
A l’horizon de quelques années, la douleur devient quotidienne, la nécessité d’une canne se fait sentir et une situation très invalidante s’installe.

Globalement, le corps médical est unanime sur le fait que la pose d’une prothèse ne doit être envisagée qu’après l’échec des divers traitements médicamenteux possibles, et l’arsenal est relativement large… des antalgiques aux anti-inflammatoires, des injections d’acide hyaluronique aux infiltrations de corticoïdes, en passant par la kinésithérapie ou les cures thermales.
Si vous avez suivi ce long parcours, souvent rythmé par des améliorations et des rechutes, pour finalement établir le constat de douleurs persistantes, vous pourrez alors commencer à vous interroger sur votre motivation réelle à faire appel au chirurgien.

Quel est le bon moment pour se faire opérer ?

La pose d’une prothèse ne constituant pas une urgence vitale, vous devrez prendre le temps d’échanger longuement avec votre praticien afin qu’il vous explique ce que vous pouvez réellement espérer après l’intervention, en terme de douleurs et de mobilité articulaire. Comment se déroulera la phase essentielle de la rééducation post opératoire ?
Quelles sont les complications éventuelles ?

L’un des éléments fondamental qui va déterminer l’âge auquel procéder à cette chirurgie, est directement lié à la prothèse en elle-même, ou plus exactement à sa durée de vie estimée entre 15 et 20 ans.
Idéalement, il est donc conseillé d’attendre de fêter son 65ème ou 70ème anniversaire avant d’envisager de remplacer votre articulation par une prothèse. En étant plus jeune, vous auriez certainement des attentes plus importantes et risqueriez d’être déçus par les résultats obtenus, sans compter la nécessité de ré-intervenir lorsque la prothèse sera en fin de vie.
Que pouvons-nous légitimement espérer d’une prothèse de genou ?

Pour une large majorité de patients, environ 90% des cas, les douleurs existantes s’estompent, voir disparaissent et la mobilité s’approche de celle que vous aviez avant l’intervention.
Le porteur de prothèse marche normalement et peut s’adonner à certains plaisirs sportifs… mais pas à tous ! Les sports ou les impacts sont trop violents ou répétés, comme le rugby, le VTT ou encore le judo sont proscrits, le risque de descellement de la prothèse étant trop important.
Cependant, après une période de rééducation adaptée, il sera possible de randonner, de nager ou de pratiquer la voile et le golf.

Les deux types de prothèse de genou

En fonction du ou des compartiments de l’articulation touchée par l’arthrose, l’une ou l’autre des prothèses vous sera proposée :

  • La plus fréquente est la prothèse totale du genou qui se substitue à l’ensemble du cartilage fémoral et tibial, et parfois même au cartilage rotulien. Cette prothèse répond au grand nombre de cas ou au moins deux compartiments du genou sont touchés.
  • La prothèse uni-compartimentaire, quant à elle, remplace uniquement le compartiment atteint, ce qui n’arrive que dans environ 10% des cas. Si l’opération semble plus légère et la rééducation fonctionnelle plus rapide, les risques d’usure de la prothèse en seulement 10 à 15 ans peuvent nécessiter une ré-intervention précoce.

Sans détailler les techniques utilisées pour ré-axer le membre inférieur, il nous semble important de noter que les déformations des jambes dues à l’arthrose (jambes arquées ou genoux qui se touchent) seront corrigées durant l’intervention afin que le membre inférieur retrouve son axe original.

Interview d’une patiente s’étant fait poser une prothèse totale de genou
Hospitalisation et chirurgie ambulatoire

Si la durée moyenne d’hospitalisation pour une intervention de prothèse totale du genou s’établie à 9 jours, il est désormais possible, dans certains établissements, de se voir proposer cette intervention en ambulatoire… vous arrivez le matin et repartez le soir même ! Bien qu’on puisse le penser, la chirurgie ambulatoire n’est pas uniquement dictée par des motifs économiques mais, également, comme l’affirment ses partisans, par une approche plus rigoureuse encore, une véritable chirurgie de pointe. Ce n’est pas uniquement la proposition d’un chirurgien mais le travail de toute une équipe axé sur une efficacité organisationnelle pluridisciplinaire, dont la chirurgie ambulatoire est l’aboutissement, après la réduction progressive du temps d’hospitalisation. Citons notamment le RRAC ou récupération rapide après chirurgie, mis en place dans certains établissements sur le territoire français. Encore assez peu développée en France, cette organisation tournée vers les interventions ambulatoires nécessite souvent une réorganisation ralentissant le processus d’expansion.

Suites opératoires et rééducation fonctionnelle

Suite à l’intervention, une anesthésie locorégionale est effectuée pour endormir la jambe les premiers jours et ainsi aider à lutter contre la douleur. Lorsque l’anesthésie locale s’estompe, des douleurs peuvent apparaître, mais elles sont généralement bien gérées lors de la prise d’antalgiques.
Le lendemain de l’intervention, le patient peut se lever et marcher à l’aide d’une attelle et de béquilles. Débute alors une phase précoce de kinésithérapie quotidienne qui durera environ 3 semaines. C’est durant cette période que les progrès les plus importants en terme de mobilité articulaire s’établiront. A l’aide d’une attelle motorisée nommée arthromoteur, votre kinésithérapeute mobilisera passivement l’articulation, tant en flexion qu’en extension, tout en tenant compte de la douleur du patient.
De retour chez lui suite à l’intervention, le patient poursuivra sa rééducation à son domicile ou dans un centre spécialisé.
Un mois après la pose d’une prothèse, le patient doit-être autonome en marchant et en empruntant sans aide les escaliers. Durant les 3 à 6 mois suivant l’intervention, le genou restera chaud et réagira au gré de l’activité, avant de pouvoir retrouver un fonctionnement normal.

Globalement, tant sur le plan de la douleur que sur celui de la mobilité, les résultats constatés sur la majorité des personnes sont très satisfaisants.
80 à 95% des douleurs existantes avant l’intervention sont supprimées et la mobilité, bien que dépendante de l’état de forme avant l’opération, est en très nette progression.

Des complications post opératoires relativement rares

L’infection, bien que représentant environ 1% des cas, peut être grave. Lorsqu’elle intervient durant le premier mois, un lavage articulaire est envisageable, alors qu’au delà, le changement de la prothèse sera nécessaire, accompagné de la prise d’antibiotiques durant 3 mois.

Cette complication infectieuse se manifeste fréquemment par une anomalie de la cicatrisation. Si l’articulation demeure inflammatoire associée à un écoulement de la cicatrice, il est essentiel de prendre contact avec son chirurgien dans les meilleurs délais.

Certaines typologies de patients sont plus sujettes que d’autres au risque d’infection, on peut citer les fumeurs, qui devront cesser de fumer durant 6 semaines avant et après l’intervention, mais également les diabétiques ou les personnes obèses.

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