Prothèse de hanche : les dernières innovations

Avec plus de 140 000 poses de prothèses de hanche chaque année en France, l’intervention reine de la chirurgie orthopédique est très courante et met en évidence des résultats très probants, notamment grâce aux progrès des techniques opératoires ainsi qu’aux nouveaux matériaux utilisés.
Permettant de réduire considérablement la douleur et le handicap, l’arthroplastie est une intervention bien rodée ayant le plus souvent pour conséquence une amélioration très sensible de la qualité de vie du patient. Si vous rêvez de recouvrer une mobilité harmonieuse, vous devez cependant être informé du déroulement de l’intervention, de la rééducation post opératoire, des risques éventuels, de la prise en charge ainsi que des progrès récents réalisés, nous avons donc fait le point pour vous.

Quand doit-on envisager le recours à la chirurgie ?

Articulation dite portante car supportant le poids du corps, la hanche joint le bassin au fémur, permettant ainsi les mouvements de la jambe et donc de la marche, tout en assurant l’équilibre du bassin sur les membres inférieurs.
Le fémur de la cuisse est composé d’un os avec une tête arrondie s’emboîtant parfaitement au sein de la cavité de l’os de la hanche nommé cotyle.
Le cartilage, recouvrant la tête du fémur et le cotyle, permet les mouvements sans exercer de frottement. Avec l’apparition de l’arthrose, le cartilage s’altère, s’aminci, entraînant des douleurs à la hanche et dans les jambes, ainsi qu’une diminution de la mobilité articulaire et des difficultés dans la pratique de la marche. Après avoir suivi le parcours thérapeutique classique menant des anti-inflammatoires aux injections d’acide hyaluronique, lorsque la douleur devient trop invalidante, l’usure du cartilage étant irréversible, la pose d’une prothèse de hanche peut alors être envisagée en concertation avec votre rhumatologue.

Interview d’une patiente s’étant fait poser deux prothèse de hanche
De nouveaux matériaux plus performants

Les implants de hanche ou prothèses sont constitués de trois composants principaux : la tige fémorale, la tête fémorale et la cupule. L’ensemble de ces trois parties remplacent l’articulation de la hanche présentant une défaillance fonctionnelle afin de pouvoir marcher à nouveau tout en supprimant la douleur.
Les prothèses de hanche sont essentiellement différenciées par les matériaux qui les composent et dans ce domaine on relève des progrès récents et nombreux.
Plus techniques et performants, les matériaux employés permettent une excellente tolérance et une durée de vie bien plus importante que précédemment, passant de 15 à 25 ans, voir bien davantage.
Actuellement les principaux matériaux utilisés pour la confection des prothèses sont le polyéthylène, un plastique très résistant utilisé pour la réalisation du cotyle, la céramique ou des métaux tels que le cobalt-chrome ou encore le titane.
La partie insérée dans le fémur ou tige fémorale, est constituée de titane. Cette tige peut être monobloc, donc entièrement en titane, ou comporter une bille de nature différente (alliage chrome-cobalt, céramique d’alumine…) qui aura été choisie pour ses propriétés (qualité du frottement et résistance à l’usure).

Au coeur de l’articulation, la zone mobile constituée par la tête fémorale et la cupule forment ce que l’on nomme le couple de frottement, c’est précisément cette zone qui est la plus fragile et la plus susceptible d’usure. Parmi les quatre principaux couples de frottement, chacun possède des avantages et des inconvénients, le choix s’effectuera donc en concertation avec votre chirurgien orthopédiste selon des critères d’âge, d’activité physique, de la présence ou non d’ostéoporose ou de spécificités osseuses du patient.

Le couple céramique – céramique
Le couple céramique – polyéthylène
Le couple métal – polyéthylène
Le couple métal – métal

Parmi ces couples de matériau, le plus en vu est certainement celui dit tout céramique, notamment grâce au fait qu’il ne se détériore pas et n’altère donc pas l’os. La conséquence directe est un taux de ré-intervention beaucoup plus bas puisqu’il n’est plus nécessaire de la changer, même 30 ans après sa pose.
Les propriétés de solidité de la céramique ouvrent donc la possibilité de pose chez des personnes beaucoup plus jeunes, à partir de 40 ans, que l’on hésitait à opérer précédemment sachant qu’il faudrait les ré-opérer 15 ans plus tard avec une intervention plus délicate. En outre, l’utilisation de dioxyde de zirconium ou zircone, une céramique technique très résistante, permet de considérablement limiter le risque de casse de l’implant qui est aujourd’hui très faible.
Sur la globalité des prothèse posées, le couple tout céramique représente environ 40% des implants posés.

Concernant les couples métal-polyéthylène et céramique-polyéthylène, ils représentent toujours une majorité des prothèses de hanche avec environ 50%.
Ces deux couples de prothèses ont l’avantage d’être moins onéreuses mais possèdent une durée de vie de 25 ans environ, ce qui explique qu’elles soient privilégiées chez les sujets de plus de 80 ans.

Reste les prothèses tout en métal de moins en moins utilisées, notamment parce que l’on s’est aperçu que le frottement entre les différentes pièces de l’implant générait de petites particules métalliques pouvant se retrouver dans le sang et à l’origine de réactions allergiques et de douleurs au niveau de la hanche.

Des techniques chirurgicales moins invasives

Si les matériaux évoluent, l’acte chirurgical progresse également, se réinventant dans le but de générer des douleurs postopératoires moindres, d’accélérer la récupération et de pouvoir commencer la rééducation plus rapidement.
Cette nouvelle technique est dite d’abord antérieur, ce qui signifie que le chirurgien passe par le devant de la cuisse et non plus par l’arrière. Une incision est pratiquée pour permettre d’écarter délicatement les zones musculaires, nerveuses et tendineuses sans les sectionner comme c’était le cas en passant par l’arrière de la cuisse.
Outre les bénéfices cités précédemment, la durée du séjour hospitalier est quant à elle réduite à 3 jours maximum (au lieu de 8 à 10 jours habituellement).
D’autre part, les muscles, n’étant pas atteints dans leur intégrité, permettent d’assurer une meilleure stabilité de la prothèse et par là-même de réduire significativement le risque de luxation de la hanche.
L’intervention, dont la durée est d’environ 1 heure, se déroule généralement sous rachianesthésie ou anesthésie spinale (injection d’une solution anesthésique dans le liquide céphalo-rachidien de la colonne lombaire) où seul le bas du corps est endormi.
Quelques heures après l’opération, aidé d’un kinésithérapeuthe, il est possible de se lever et d’effectuer ses premiers pas.

Plus novateur encore, certains établissements proposent aujourd’hui ce type d’intervention en ambulatoire, soit un retour à votre domicile le jour-même.
Certains médecins affirment que la réduction du temps de présence en milieu hospitalier diminuerait le risque de complications, de phlébites ou d’infections.
Afin de prétendre à cette pratique en ambulatoire, vous devrez répondre à certains critères médicaux, comme ne pas avoir de troubles respiratoires ou cardiaques, ne pas suivre de traitement anticoagulant… et recevoir l’aval de votre chirurgien orthopédiste et de votre anesthésiste avant de quitter l’hôpital.

La rééducation et les suites opératoires

C’est lors d’une consultation pré-opératoire une quinzaine de jours avant la date d’hospitalisation que sont planifiées les suites rééducatives, soit à domicile avec le passage d’un kinésithérapeute, soit en centre de rééducation pendant une durée d’environ 3 semaines.
Si les techniques moins invasives actuelles permettent de faire ses premiers pas quelques heures après l’intervention, il n’en demeure pas moins que les 3 ou 4 premières semaines de marche s’effectueront avec des béquilles afin de soulager les muscles et ne pas soumettre votre hanche à des efforts trop importants.
Généralement, le patient peut reprendre une marche normale et autonome, tout en s’aidant d‘une canne, environ 1 mois après l’intervention et reprendre son activité professionnelle après 2 mois.
Vous devrez malgré tout être suivi régulièrement par votre rhumatologue ou votre chirurgien, 2 ou 3 mois après l’opération, puis à 6 mois et 1 an. Au-delà de ce délai, prévoyez un contrôle annuel auprès de votre praticien.

Quels résultats pouvons-nous escompter ?

Les résultats attendus de la pose d’une prothèse de hanche sont très probants, permettant une très significative amélioration de la mobilité, dont de la marche, ainsi qu’une disparition de la douleur pendant de longues années. C’est donc la vie globale du patient qui s’en trouve grandement améliorée.
De surcroît, il est même possible de pratiquer une activité sportive à condition d’éviter la pratique d’activités à fort impact comme le jogging, les sauts ou les sports de contact, pour ne pas traumatiser l’articulation. Il est donc conseillé de vous orienter vers la pratique du vélo ou de la natation.
Cette reprise d’activités physiques ou sportives devra être progressive afin d’éviter une luxation dont le risque est majoré lors des premiers mois après l’intervention.

Quels sont les risques et complications éventuels ?

Outre les risques de fractures accidentelles ou de lésions des nerfs et vaisseaux sanguins durant l’intervention, la complication principale peut prendre la forme d’une phlébite ou d’une embolie pulmonaire, raison pour laquelle un traitement post opératoire pour prévenir les phlébites vous sera prescrit. On peut aussi évoquer l’hématome ainsi que le risque d’une luxation ou d’un déplacement des éléments de la prothèse, ce qui nécessiterait une révision de celle-ci.
Il n’existe pas réellement de phénomène de rejet concernant les implants de hanche, tout au plus pouvons-nous parfois observer une réaction allergique qui s’apparente au rejet.

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