Sophrologie et arthrose : comment modifier la perception de la douleur ?

Les traitements médicamenteux des douleurs articulaires chroniques dues à l’arthrose sont parfois inefficaces ou exposent trop largement le patient aux effets secondaires générés par l’ingestion de comprimés anti-inflammatoires non stéroïdiens.
La sophrologie peut alors se révéler être une approche complémentaire dans la gestion de la douleur. En combinant plusieurs disciplines, elle fournit les outils permettant de développer notre force mentale dans le but de contrôler la douleur et d’améliorer notre qualité de vie.
Proche dans son concept de la méditation ou de l’hypnose, la sophrologie favorise le lâcher-prise en nous permettant de travailler sur notre respiration, sur des mouvements doux ainsi que sur la suggestion mentale.
Bienvenue dans un univers où l’on tente de soulager, voir d’éradiquer la douleur en modifiant la perception que nous en avons. Un monde où la défocalisation permettrait de détourner la douleur en favorisant la détente globale du corps. Suivez-nous dans les méandres de notre cerveau.

Modifier et apprivoiser la perception de la douleur

N’avez-vous jamais dû répondre à un médecin qui vous demandait : « Si vous deviez noter l’intensité de votre douleur de 1 à 10, quel chiffre donneriez-vous ? »
Etant très vraisemblable que deux personnes souffrant d’une douleur identique attribueraient deux notes différentes, on peut donc en déduire que la perception de la douleur est personnelle et subjective.
La sophrologie, qui peut se définir comme une technique psychocorporelle globale, permet de s’éloigner des ressentis négatifs, de se mettre à l’écoute de soi-même et ainsi de développer notre force mentale dans l’unique but de parvenir à un équilibre émotionnel harmonieux, tout en régulant notre perception douloureuse tant au niveau de l’intensité, que de l’image.

Briser le cercle vicieux de l’image négative

Le simple fait d’évoquer la douleur, de chercher des solutions en se heurtant à la quadrature du cercle, génère un effet de surtension dont la conséquence va se matérialiser par une augmentation de la douleur.
L’apport de la sophrologie va nous permettre de s’extraire de ce processus négatif en nous mettant à l’écoute de notre corps, de nos ressentis, en nous libérant de nos peurs et de nos appréhensions, sources de tensions, et donc de douleurs.
L’objectif visé n’est autre que la détente du corps et de l’esprit à travers le contrôle de sa respiration, d’un relâchement musculaire et de visualisations positives.

Parvenir à atteindre un état de détente physique et mental pourra nous permettre d’isoler la douleur, de la matérialiser en lui attribuant une couleur ou une forme, puis de la modifier, d’en prendre le contrôle, par la seule force de votre mental.
Vous pourrez alors vous permettre de modifier votre perception de la douleur grâce à votre imagination positive, qui suggérera des images d’adoucissement, de maîtrise de la douleur, mais aussi de plaisir, de détente, certains patients parvenant par ce biais à faire disparaître la notion même de douleur.

Comment se pratique la sophrologie ?

L’écoute de son corps, de ses ressentis va s’effectuer à travers des exercices de respiration contrôlée, de relâchement musculaire et de visualisation positive.

Exercices de respiration contrôlée et de relâchement musculaire

Exprimer son ressenti au thérapeute et avoir le sentiment d’être écouté constitue le premier pas vers l’amélioration de nos émotions.
Une personne en souffrance a fréquemment une respiration bloquée sur le haut du corps, alors qu’une respiration abdominale profonde s’avère très bénéfique pour les muscles.

Lors d’une crise douloureuse, une crispation s’effectue autour de la douleur ce qui va permettre de bloquer l’intensification de celle-ci. Mais étant sollicités à l’extrême, les muscles fatiguent et ne parviennent plus à éliminer les toxines ce qui va avoir pour conséquence l’installation de la douleur.
Le soulagement interviendra après une phase de détente où l’on respirera profondément dans le but d’évacuer la souffrance. C’est l’essence même de la sophrologie.

Le contrôle de la respiration est le plus souvent associé à des mouvements doux de contraction et décontraction musculaire.
Pour s’apaiser, atteindre un état de sérénité, mais aussi réduire votre fréquence cardiaque, les thérapeutes préconisent différents exercices en inspirant, puis en expirant. Cette pratique de respiration abdominale permet de se concentrer, de se départir des idées négatives et, c’est l’essentiel, de ne plus être focalisé sur sa douleur.
Le relâchement musculaire découlant de la pratique de ces exercices respiratoires, va permettre d’isoler la douleur et ainsi mieux se concentrer sur sa maîtrise.

La visualisation d’images positives

Le stress et les pensées négatives amplifiant la douleur, la sophrologie va nous apprendre à utiliser la visualisation positive, basée sur des suggestions d’images mentales, pour maîtriser sa douleur. Cette douleur peut être matérialisée par un objet ou une couleur imaginaire que vous appréciez de façon à la percevoir sous un prisme différent.

Cette technique, qui consiste à mettre en exergue les émotions positives, peut aussi bien s’appliquer à des douleurs articulaires chroniques, qu’à une angoisse précédent une intervention chirurgicale ou encore à des sportifs de haut niveau devant affronter les douleurs inhérentes à un entraînement intensif.

Le cerveau humain établissant difficilement une différence entre image réelle et image imaginée, c’est ce qui va nous permettre de substituer une pensée imaginaire à l’image réelle, notre cerveau la prenant pour une expérience vécue.
Les images positives, réelles ou imaginaires, possèdent la faculté d’inciter le cerveau à secréter de l’endorphine, communément appelée l’hormone du bonheur.
Cette hormone n’est secrétée que lorsque nous sommes dans un état de détente, d’apaisement, envahis par des émotions positives.
Cette libération d’endorphine peut-être sollicitée par l’ensemble de nos sens, que sont la vue, l’odorat, le toucher, l’ouïe… le rôle du thérapeute étant alors de guider son patient grâce au son de sa voix pour que les émotions positives détectées par nos sens nous permettent de supplanter la douleur. Il s’agit en fait d’un exercice d’auto relaxation.

La sophrologie peut également nous aider à combattre la mémoire négative dont le souvenir va entretenir et développer la douleur. L’objectif sera donc de combattre ces idées néfastes pour leur substituer des aspects ou émotions positives.

Nombre de séance, coût et pratique autonome

Lorsque l’on souhaite atteindre un objectif thérapeutique, l’accompagnement d’un patient par son sophrologue s’effectuera sur plusieurs séances (en moyenne de 5 à 10 séances d’une heure).

Le coût d’une séance chez un sophrologue est généralement compris entre 40 et 80 euros, non pris en charge par l’assurance maladie, mais pouvant être éventuellement remboursé par votre mutuelle.
Une façon de bénéficier de tarifs plus avantageux est de participer à des séances de groupe, ce qui est fréquemment proposé au sein des maisons de retraite ou de certaines collectivités. Le coût proposé se situant alors dans une fourchette comprise entre 15 et 20 euros pour une séance collective.

Après avoir suivi ces séances aux côtés d’un sophrologue professionnel, vous pourrez poursuivre les exercices à votre domicile de façon autonome.

Contre-indications à la sophrologie

Il n’existe pas véritablement de contre-indication à la pratique de la sophrologie, que ce soit en terme d’âge ou de capacités. Les problèmes auditifs pourront constituer un frein à la pratique mais sans conséquences notoires.

Les séances de sophrologie devront-être adaptées pour les patients souffrant de troubles psychiatriques graves, voir même proscrites lors des phases délirantes.

Les enfants peuvent quant à eux consulter un sophrologue dès qu’ils sont en mesure de comprendre les informations qui leurs sont transmises, généralement vers l’âge de 6 ans environ.

Cet article vous a-t-il plu ?

Note moyenne : 0 / 5. Nombre de vote : 0