Tendinopathie : causes, diagnostic et traitement

Si les tendinites génèrent à elles seules un tiers des consultations médicales, elles sont souvent invoquées à tord dans la désignation d’une douleur articulaire. Alors qu’une tendinite désigne une inflammation des tendons ou de leur gaine, la tendinopathie reflète davantage une usure à plus long terme pouvant aller jusqu’à la rupture et qui s’installe le plus souvent en cas de sursollicitation du tendon ou dans les cas de tendinite chronique. Ainsi, de nos jours, utilise-t-on plus volontiers le terme tendinopathie afin de désigner de façon plus globale, les affections des tendons.
Nous avons donc souhaité vous apporter un éclairage sur les causes à l’origine de cette pathologie, mais également sur les moyens de la diagnostiquer et bien sûr les traitements pouvant être proposés. Nous vous invitons donc à un voyage au coeur de vos tendons…

Structure et fonction du tendon

Viscoélastique et essentiellement constitué de fibres de collagène, le tendon rattache l’extrémité des muscles aux os, permettant ainsi les mouvements en transmettant la force des contractions musculaires à notre squelette. Bien que peu vascularisé et se régénérant donc difficilement en cas de lésions, le tendon se compose d’une multitude de nerfs fournissant une information précise sur la charge tractée ainsi que sur la position du membre auquel il est rattaché. La particularité anatomique du tendon est de posséder une poche protectrice, ainsi qu’une gaine renfermant un lubrifiant riche en acide hyaluronique, dont le rôle est de faciliter le glissement du tendon. De part sa structure fibreuse, le tendon est tout à la fois résistant à la tension et très élastique, mais un effort inhabituel et répété fragilise sa structure notamment au niveau de ses extrémités ou s’exerce l’essentiel de la tension. Se régénérant mal et vieillissant assez rapidement, la cicatrisation du tendon est lente et souvent perturbée par la répétition des lésions qui finissent par le fragiliser. Si des facteurs tels que l’âge ou la sédentarité constituent les risques principaux de la survenue d’une tendinopathie, le surpoids a une action néfaste, tant sur le plan mécanique que physiologique. Ainsi l’infiltration de graisse et l’inflammation liée au syndrome métabolique fragilisent elles le tendon. Notons que certaines études récentes suggèrent l’établissement d’un lien entre cholestérol et tendinopathies.

Les causes principales de la tendinopathie sont liées à :

  • une activité physique ou professionnelle impliquant des gestes répétitifs ou des ports de charges lourdes,
  • des mouvements soudains et inhabituels,
  • une pratique sportive intensive,
  • la répétition de micro traumatismes,
  • des pathologies métaboliques telles que la polyarthrite rhumatoïde, la goutte, le diabète…,
  • la prise de certains médicaments comme les corticoïdes.

Les symptômes de la tendinopathie

  • Le premier symptôme est caractérisé par une douleur progressive au niveau du tendon du muscle lésé, douleur épisodique qui va évoluer vers une douleur permanente.
  • L’oedème de la zone concernée est souvent accompagné d’une rougeur ainsi que d’une chaleur de la peau au niveau du tendon. On note fréquemment des difficultés à bouger la partie du corps touchée par l’affection.
  • Enfin il est possible d’entendre des craquements ou des frottements lors d’un mouvement ou d’une palpation. Parfois il est également possible que le tendon épaississe et qu’il soit possible de distinguer au toucher des nodules sur ce dernier.

Quelles sont les localisations des tendinopathies ?

  • Le coude :
    • tennis elbow ou épicondylite – douleur sur le côté extérieur du coude,
    • épitrochléite – douleur située sur la face interne du coude.
  • L’épaule :
    • tendinite de la coiffe des rotateurs,
    • tendinite du long biceps.
  • Le genou :
    • tendinite de la patte d’oie,
    • tendinite du tendon rotulien,
    • tendinite du quadriceps,
    • tendinite du fascia lata ou syndrome de l’essui glace
  • Main et poignet :
    • tendinite de De Quervain,
    • ténosynovite de De Quervain,
    • tendinite des extenseurs communs des doigts.
  • Pied et cheville :
    • tendinite des péroniers latéraux,
    • tendinite du jambier postérieur,
    • tendinite du tendon d’Achille.
  • Autres localisations :
    • tendinite de la hanche ou bursite trochantérienne,
    • pubalgie ou tendinite des adducteurs.

Les stades de gravité de la tendinopathie

La gravité d’une tendinopathie étant variable, trois stades principaux sont distingués :

  • Stade 1 : la douleur liée à la tendinopathie disparaît lors d’un effort.
  • Stade 2 : la douleur calmée par l’effort dans un premier temps, réapparaît de plus en plus précocement et intensément durant l’activité.
  • Stade 3 : à ce stade la douleur devient permanente empêchant toute forme d’activité, produisant même dans quelques cas, des douleurs nocturnes perturbant le sommeil.

Les formes particulières de tendinopathies

La tendinopathie calcifiante : lorsque la tendinopathie devient chronique, le risque est de voir apparaître une calcification du tendon qui d’une part peut impliquer un handicap important et d’autre part devient plus délicat à soigner. Cette pathologie affecte principalement l’épaule (tendinite de la coiffe des rotateurs) et peut parfois entraver ou bloquer l’amplitude des gestes.
Dans les cas de tendinopathies invalidantes, une évolution possible de celle-ci est la rupture du tendon.

Quels examens pour diagnostiquer une tendinopathie ?

La douleur très localisée ainsi que l’examen clinique facilitent le diagnostic, mais c’est l’échographie du tendon qui demeure l’examen de référence pour ce type d’affection, parfois complétée d’une IRM. Ces deux examens sont également très utilisés dans les tendinopathies traumatiques afin de localiser la déchirure du tendon et d’en préciser l’importance.
La radiographie classique, si elle ne permet pas de voir les tendons, est utilisée pour valider le fait qu’il ne s’agit pas d’autres pathologies.

Les traitements de la tendinopathie

Le traitement de la tendinopathie varie en fonction des différents symptômes ainsi que de leur origine, mais il est globalement basé sur le repos, voir une immobilisation du tendon touché. Outre les applications de glace dans les premiers jours pour soulager la douleur et diminuer l’oedème, ou de chaud afin de se soustraire aux contractures musculaires, la pharmacologie apporte également des réponses grâce à différents médicaments. Graduellement, votre praticien pourra vous prescrire des antalgiques, des injections d’acide hyaluronique ou encore de corticoïdes .

Les injections d’acide hyaluronique, grâce à leurs qualités viscoélastiques, permettent au tendon de mieux coulisser dans la gaine qui l’entoure tout en diminuant l’adhérence aux structures voisines. Ces injections permettent une diminution de la douleur ainsi qu’une augmentation de la mobilité du tendon. L’injection se pratique au coeur de la gaine du tendon ou dans le péri tendon.
On peut également noter que le recours à la kinésithérapie (massages, étirements) ou à la physiothérapie (ultrasons) font preuve assez fréquemment d’efficacité.
Quelques mots enfin sur un espoir déçu, à savoir les injections de PRP, préparées à partir de sang autologue c’est-à-dire le sang du patient. Piste prometteuse, ce plasma riche en plaquettes, censé faciliter la régénération en apportant des facteurs de croissance, n’a cependant pas confirmé les espoirs placés en lui, puisque, tant des médecins ayant mené des essais, que la Société française de rhumatologie (SFR), ont émis des réserves quant à une quelconque efficacité.

Le traitement chirurgical de la tendinopathie

Comme souvent, le recours à la chirurgie n’interviendra que lorsque toutes les solutions médicamenteuses ou de manipulations physiques auront échoué. L’intervention, qui sera suivie de rééducation, consiste à ciseler le tendon en bandelettes de façon à ce qu’elles soient mieux vascularisées et qu’elles cicatrisent plus rapidement.
Le résultat demande environ un mois et nécessite un repos de 3 à 4 mois.

La prévention de la tendinopathie

Les règles essentielles de prévention en la matière sont désormais bien connues, à savoir :

  • une bonne hydratation,
  • surveillance de son poids,
  • adaptation de l’effort,
  • une bonne pratique sportive (échauffements, étirements),
  • une consommation d’alcool et de tabac réduite,
  • limitation de la viande rouge ou grasse et de la charcuterie pour éviter la surproduction d’acide urique qui a des conséquences directes sur les tendons,
  • un nombre d’heure de sommeil approprié.

Enfin un dernier conseil, savoir respecter sa fatigue et stopper tout effort lors de l’apparition de la douleur.

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