Traitement naturel de l’arthrose, la spiruline en question …

Alors qu’il est difficile d’échapper aux nombreux articles consacrés à la spiruline dans les pages santé de vos magazines préférés, nous nous sommes interrogés sur la réalité de ses bienfaits supposés. Cette algue présentée comme un concentré de nutriments est-elle réellement le super aliment aux nombreuses propriétés santé que l’on nous présente ? Quel rôle peut-elle jouer concrètement pour aider les patients souffrant d’arthrose ? Nous avons tenté d’y voir plus clair …

Définition et origines de la spiruline

Commençons par tordre le cou à une idée reçue : la spiruline qui nous est souvent présentée comme une algue bleue, n’en est pas une !
En réalité il s’agit de cyanobactéries, des micro algues d’eau douce à la forme spiralée de couleur bleu-vert.
Ce sont des bactéries photosynthétiques qui tirent parti de l’énergie solaire pour synthétiser leurs molécules organiques. Elles utilisent des pigments tels que des phycocyanines de couleur bleu-vert ou de la chlorophylle pour capter la lumière.

Ce micro organisme, dont les origines remontent à plus de 3 milliards d’années, était déjà consommé en Afrique dès le IXème siècle, particulièrement au Tchad où on le nomme « dihé ». De nos jours, outre le Tchad, il pousse naturellement dans les eaux chaudes des lacs d’Inde ainsi qu’au Mexique.
Afin de développer l’exploitation de ces micro algues à grande échelle, des fermes de production ont vu le jour, équipées d’immenses bassins artificiels exposés au soleil, remplis d’eau mélangée à du nitrate de potassium, du sulfate de magnésium, du bicarbonate de soude et de sel.
Premier producteur industriel de spiruline, la Chine, avec environ 50% de la production mondiale, devance les Etats-Unis, l’Afrique ainsi que la France qui propose, depuis les années 1990, une production artisanale située essentiellement en Provence. Le nombre de producteurs ne cessant de se développer sur notre territoire national, la Fédération des Spiruliniers de France a été créée en 2009 afin de soutenir et développer la production artisanale française.

Proposée séchée sous forme de complément alimentaire, on trouve la spiruline dans les pharmacies ou les magasins de diététique, en poudre, en gélules ou encore en comprimés.

Un super aliment …

Exceptionnellement riche et concentrée en nutriments, la spiruline contient du bêta-carotène, du fer, des vitamines A, E (puissant antioxydant), B1, B2, B3, B6 et K, des protéines, des minéraux et des oligo-éléments comme le calcium, magnésium, phosphore, cuivre, zinc … Comme nous l’avons vu précédemment, on trouve également dans sa composition de la chlorophylle qui permet de purifier le sang et favoriser l’absorption de fer, et de la phycocyanine, un pigment aux vertus antioxydantes.
Outre sa composition pouvant contenir jusqu’à 60% de protéines à haute teneur en acides aminés ainsi que sa teneur en acide gras insaturé appartenant à la famille des Oméga 6, la spiruline est très pauvre en calorie.

De part sa composition très prometteuse, le qualificatif de super aliment est souvent attribué à la spiruline, lui attribuant une longue liste de bienfaits parmi lesquels :
la prévention ou le traitement de certains cancers grâce à la stimulation du système immunitaire,
le traitement des maladies neurodégénératives grâce à ses propriétés antivirales,
la perte de poids,
la baisse du taux de cholestérol et du diabète,
la lutte contre les inflammations de l’arthrose,
la lutte contre la malnutrition.

Alors la spiruline, super aliment ou qualificatif superlatif ?

Si plusieurs essais menés sur des animaux ont mis en avant des propriétés antioxydantes, immunostimulantes ou encore antidiabétiques, il n’existe pas suffisamment d’études cliniques menées suivant des procédés méthodologiques prouvant une validation scientifique des bienfaits thérapeutiques supposés chez l’homme.
Donc malgré les allégations de certains producteurs et distributeurs, l’efficacité de la spiruline chez l’humain n’est pas prouvée. Aujourd’hui rien ne démontre clairement que les propriétés attribuées à la spiruline soient supérieures à celles d’aliments frais consommés dans le cadre d’un régime alimentaire varié et équilibré.

Existe t-il des effets indésirables ?

L’une des caractéristiques des algues est d’accumuler les métaux lourds tels que le plomb, l’arsenic ou le cadmium lorsque l’environnement de culture est pollué.
Il est donc fortement recommandé de vous orienter vers une spiruline dont les conditions de culture sont rigoureusement contrôlées.

En outre, la spiruline a fait l’objet d’une recommandation de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), des effets secondaires et indésirables ayant été signalés à l’agence de santé.
Si les risques sanitaires sont quasi inexistants à faible dose, il est recommandé de surveiller la provenance des produits consommés, plusieurs cas de troubles digestifs, hépatiques ou allergiques ayant été rapportés.
Si vous consommez de la spiruline sous forme de complément alimentaire, surveillez donc les mentions présentes sur le paquet et privilégiez la conformité à la réglementation française ainsi que la traçabilité et l’identification du fabricant.

Globalement la spiruline est déconseillée en cas de grossesse ou d’allaitement, aux personnes présentant des risques allergiques ainsi qu’à celles souffrant de phénylcétonurie, maladie génétique en relation avec un trouble du métabolisme.

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